samedi 28 juillet 2007

Globalisation et croissance.

La « globalisation » se traduit en français par le mot « mondialisation » qui exprime l’extension géographique d’un système ou d’un pouvoir à l’échelle de la planète. Il évoque aussi le mondialisme, c'est-à-dire l’unité politique de la communauté humaine. En ce sens, on a pu dire qu’il y’avait déjà eu par le passé d’autres mondialisations (les empires romain et britannique par exemple). En réalité, la globalisation implique aussi une dimension temporelle qui correspond à une accélération des évènements, notamment dans le domaine des échanges et des techniques. Il s’agit donc d’un changement majeur (shift en anglais) et même d’une rupture. En bref, l’humanité est en train de changer plus radicalement qu’au cours des 5000 ans qui nous ont précédé (1). Regardez la vidéo suivante : elle résume bien ce que signifie le terme globalisation.




Les effets économiques de la globalisation s’avèrent, au moins pour le moment, très positifs. Le monde connaît une croissance régulière (un taux de croissance moyen de 3% par an au cours des 5 dernières années). Des pays comme l’Inde (6,8%) et surtout la Chine (9,4%) enregistrent des résultats spectaculaires entraînant l’apparition d’une immense classe moyenne (400 millions de personnes) et donc de nouveaux marchés pour nos économies développées. Il ne s’agit pas d’un transfert de la richesse des pays riches vers les pauvres comme le répètent trop de français mal informés. Les pays riches maintiennent, en effet, des taux de croissance convenables (3,2% pour l’Australie, 2,8 pour les USA, 2,4 pour le Royaume Uni) et les pays de l’Est, qui connaissent des taux identiques à ceux de l’Asie, rattrapent le reste de l’Europe à toute vitesse. Sans la globalisation, la croissance des pays riches aurait diminué faute de débouchés suffisants. L’expansion de la Chine profite certes aux chinois. Elle profite aussi aux économies occidentales (2).

Nos intellectuels nous annoncent, avec une mine grave, que la globalisation creuserait les inégalités. Par exemple, en 2001, l’écart entre le PIB par habitant en Chine (1000$) et celui des USA (34.800$) s’élevait à 33.800$. En 2006, en dépit du doublement du PIB par chinois, l’écart atteint 43.000$. En réalité, cette augmentation résulte uniquement des lois afférentes aux intérêts composés. Au début, l’écart s’accroît puis il commence à se réduire à partir de l’année ou le produit des intérêts du PIB le plus faible devient supérieur à celui du plus fort. Cette loi s’applique aussi en interne au niveau de chaque pays. C’est pourquoi tout ce discours sur les inégalités croissantes, répété à satiété par nos « enseignants », n’est qu’un nouveau témoignage de leur ignorance crasse. Pour éliminer l’aggravation de l’écart dans les premières années, il faudrait que les pays riches enregistrent des taux de croissance nuls ou négatifs. C’est à quoi s’emploient les écologistes (en fait, des communistes recyclés) avec leurs bobards climatiques.

La globalisation induit aussi des effets néfastes. Pour une fois, ne parlons pas de l’islamisme puisqu’il représente une réaction violente et obscurantiste à l’encontre des valeurs portées par la globalisation (esprit des lumières, science, liberté etc.). En revanche, les migrations, considérées à tort comme le troisième pilier de la globalisation, ont bien un effet pervers. En 2006, elles concernaient 190 millions de personnes. Si ce nombre correspondait à une nation, celle-ci se situerait au cinquième rang dans le monde par la taille de sa population. On assiste ainsi à la tiers mondisation des pays du nord. Par exemple, des quartiers de Los Angeles se transforment en quasi bidonvilles tandis que les familles aisées en sont réduites à se barricader dans des cités gardées par des vigiles.

Par ailleurs, les activités criminelles (drogue, prostitution, contrefaçons) connaissent aussi un essor sans précédent avec un chiffre d’affaires évalué à 1200 milliards$ en 2004. Si toutes les mafias se regroupaient dans un seul pays, le PIB de ce dernier représenterait la huitième puissance économique mondiale. A ces activités, il faudrait ajouter la corruption (700 milliards$) et cette situation malsaine explique pourquoi on voit autant de parvenus étaler leurs richesses (3). Enfin, sur le plan moral, l’économie et l’argent sont devenus les uniques motivations des nations et des individus au détriment de valeurs comme l’honneur, la dignité, la décence. Le dernier marchandage libyen illustre ce changement profond de paradigmes. Beaucoup d’entre nous éprouvent l’impression de faire partie d’une espèce en voie de disparition et de ne plus avoir leur place dans cette nouvelle humanité.

Et la France dans tout cela? Livrons ici quelques indicateurs qui indiquent une pente fatale. Au cours des cinq dernières années (2001-2005) le taux de croissance de la France s’est élevé à 1,4% en moyenne. A ce rythme, un français disposant de 100 aujourd’hui obtiendra 200 en 2057 tandis qu’un australien (3,2% de taux de croissance) aura 400 en 2051. Autre indicateur: un rentier qui place 100 à 4,5% (soit 2,5 net inflation déduite) aura 200 en 2035. Dernier indicateur: par comparaison avec le taux de croissance du PIB (1,4%), celui des prestations sociales s’est établi à 2,1% pendant la même période! Conclusion : dans la France contemporaine, il vaut mieux s’expatrier en Australie ou devenir rentier. Vivre de son activité représente le choix perdant (4).

Ces quelques indicateurs illustrent une sinistre réalité. Nos malheureux compatriotes sont enfermés dans une fabrique à crétins. N’écoutez pas le discours dominant qui prétend qu’on peut sauver l’exception française (Etat providence, rôle des « intellectuels », fabrique à fainéants et à sauvageons). Cette exception est un cadavre qu’on aurait du enterrer depuis longtemps. N’écoutez pas non plus ceux qui recommandent de rétablir les frontières économiques et le Franc. Une telle politique se traduirait par une baisse de 25% du PIB, par des millions de chômeurs supplémentaires et par la disparition de vos économies puisque le franc ainsi restauré ne serait qu’une monnaie de singe. En revanche, suivez les sages propositions de la Révolution bleue (www.freeworldacademy.com/bleue.htm). Ce ne sera pas facile mais nous n’avons pas d’autres choix que de nous adapter ou disparaître.

Gérard Pince

(1) Le contresens induit par le mot mondialisation conduit nos compatriotes à ne rien comprendre à ce qui est en train de se passer. Pour l’extrême gauche, il s’agit d’un processus impérial et capitaliste (la mondialisation capitaliste). De son coté, l’extrême droite dénonce un complot ourdi par la « finance apatride » et qui n’existe évidemment que dans l’imaginaire.

(2) Tous les taux de croissance cités proviennent de la Banque mondiale :
http://ddp-ext.worldbank.org/ext/DDPQQ/member.do?method=getMembers&userid=1&queryId=135

(3) L’argent facile s’investit aussi dans la spéculation sur les produits dérivés (1600 milliards $).Ces sommes énormes pourraient devenir du jour au lendemain des créances irrécouvrables au niveau des banques provoquant ainsi une crise analogue à celle qui fut à l’origine de la grande dépression. Il n’est pas certain que le FMI et le trésor américain (la planche à billets) qui forment l’ultime recours du système financier en cas de crise, puissent faire face à un choc de cette ampleur.

(4) Les rentiers (13 millions de retraités, 2 millions d’allocataires du chômage et 1,5 million de rmistes soit au total 16,5 millions de personnes) sont déjà plus nombreux que les salariés du secteur privé (16,2 millions)