mercredi 29 août 2007

Du nouveau et du bon en politique étrangère.

A quoi sert le quai d’Orsay? A rien répondent les mauvaises langues. La réunion des 180 ambassadeurs que nous entretenons aux quatre coins du monde aura au moins permis de mieux connaître les intentions de Nicolas Sarkozy en matière de politique étrangère.

Ces nouvelles orientations vont dans le bon sens et marquent une nette inflexion, voire même une rupture, par rapport au Gaullisme et au désastreux tandem Chirac-Villepin. La France réintègre le camp occidental et n’entend plus faire cavalier seul ou jouer la mouche du coche. En particulier, la défense européenne n’est plus conçue comme un moyen de remplacer l’OTAN et d’affaiblir le lien transatlantique mais comme le complément d’une alliance plus indispensable que jamais. L’atlantiste que je suis ne peut que se réjouir d’une telle novation.

Nicolas Sarkozy affiche clairement son soutien à Israël et la position française concernant l’Iran est clarifiée avec pour la première fois une évocation de l’option militaire. Par ailleurs, la coopération totale entre les services de sécurité est réaffirmée.

En ce qui concerne la Turquie, le Président a déclaré: « les négociations se poursuivront à condition que les chapitres soient compatibles avec les deux visions possibles des relations UE-Turquie : soit l’adhésion, soit l’association. La seconde formule est celle que j’ai prônée pendant toute ma campagne électorale. Je n’ai pas changé d’avis ».

Contrairement à ce que disent certains qui soit ne savent pas lire, soit ne comprennent pas ce qu’ils lisent, la position du président n’a pas changé sur le fond. Il essaye simplement de gagner du temps afin de rallier d’autres pays et notamment l’Allemagne à sa position (1).

J’en profite pour adresser une supplique au politburo de la Commission Européenne: En voulant imposer la Turquie, vous êtes en train de détruire le projet européen. Bien qu’étant un fédéraliste de la première heure, je choisirai toujours « pas d’Europe du tout » plutôt qu’une Europe islamisée. La majorité des militants du Mouvement Européen lancé par Churchill partage certainement cette résolution.

Gérard Pince

(1) On disait autrefois que les communistes n’étaient pas à gauche mais à l’Est. De même, lorsque Jean-Marie Le Pen traite Sarkozy de sioniste et d’atlantiste, il n’est plus en Occident mais ailleurs.