vendredi 17 août 2007

Le naufrage d’une génération

J’ignore si vous éprouvez le même sentiment mais j’ai de plus en plus l’impression d’être cerné par des crétins. En effet, nos contemporains détruisent l’héritage millénaire de notre nation et livrent, sans aucune résistance, le pays aux envahisseurs. Ils lèguent à leurs héritiers une croissance anémiée, une dette publique colossale et un pays en cours d’islamisation.

Je pense que la cause de cette catastrophe est d’ordre générationnel. Nous avons pris l’habitude d’imputer tous nos malheurs aux élites mais ce type d’explication rencontre des limites: les hommes politiques sont élus, les médias reflètent l’opinion publique plus qu’ils ne la fabriquent et l’esprit de décadence transcende tous les clivages politiques (1). En revanche, le rôle de l’éducation semble déterminant. Selon certains spécialistes, la méthode globale, en privilégiant l’image, développerait surtout l’hémisphère droit du cerveau, siège des émotions, au détriment du gauche dévolu à la raison et à l’abstraction. Suite à ce formatage précoce, les jeunes gens ne parviendraient plus à raisonner correctement, ce qui expliquerait les traits saillants du discours dominant: primauté absolue de l’émotionnel et de l’angélisme; présentation d’images et de postures compassionnelles; stigmatisation de toute légitime défense, le seul comportement correct consistant à tendre l’autre joue; neutralisation de l’instinct de survie par des tendances masochistes inclinant à une culpabilisation perpétuelle (2).

En bref, on se trouverait en présence d’une génération comportant une forte proportion de personnes déficientes. Cet élément pourrait expliquer l’importance des dérapages constatés. Par exemple, notre faible croissance résulte sans doute du manque de réformes mais aussi de raisons plus profondes: les chefs d’entreprise ne savent plus commander, les cadres veulent se reposer, les employés font semblant de travailler tandis que les banques incitent les épargnants à la débauche financière. Nous assistons au développement d’une nouvelle économie, le « Postalisme » qui consiste à retirer le mandat des alloc à la poste et à rejoindre les copains au bistrot pour regarder le match de rugby! Sur le plan politique et social, c’est encore pire: les évêques catholiques demandent à leurs fidèles de prier Allah, les universitaires raisonnent de travers (3), les philosophes prêchent l’immoralité, les enseignants désinforment leurs élèves, les jugesses et autres procureures libèrent à tour de bras les pédophiles. Cette régression intellectuelle et morale se manifeste évidemment par la tiers-mondisation du pays, la seconde n’étant que la conséquence logique de la première (4).

Que faire ? Dans une famille, on ne laisse pas un héritier débile dilapider le capital accumulé par les générations précédentes. On réunit un conseil et le malade est aussitôt placé sous tutelle. Au niveau d’une nation, la solution semble moins évidente. Toutefois, à défaut de placer quelqu’un sous tutelle, on peut au moins lui couper les vivres! Or il se trouve que notre génération, celle des anciens, détient d’une manière ou d’une autre, la majorité de l’épargne dans ce pays. Il nous suffit donc de serrer les cordons de notre bourse pour entraîner l’arrêt complet du système et imposer aux irresponsables les réformes nécessaires. J’ai déjà esquissé cette piste à l’occasion de l’article consacré au pouvoir d’achat. La crise mondiale qui nous guette en renforce la crédibilité. Nous en reparlerons à la rentrée !

Gérard Pince

(1) Somme toute, c’est bien un libéral et non un gauchiste qui a inventé l’expression ahurissante des « chances pour la France »!
(2) Il existe heureusement des jeunes raisonnant normalement mais ils sont minoritaires. Ils le sont d’autant plus qu’un nombre croissant choisit de s’expatrier !
(3) Se reporter à :
www.freeworldacademy.com/globalleader/agendacont.htm
(4) La gendarmerie, la police et les sapeurs pompiers représentent les seuls éléments encore sains d’une société complètement décomposée. C’est pourquoi j’évite de critiquer d’une manière indifférenciée les fonctionnaires (les sondages montrent qu’une majorité de français sait faire la part entre ceux qui ponctionnent et ceux qui sont sans cesse sur la brèche).