vendredi 3 août 2007

Le pouvoir d’achat en chute libre

A leur retour de vacances, les français vont faire grise mine. Alors que nous sommes en pleine saison, les prix des pêches et des abricots oscillent entre 3 et 5 euros le kilo. Les cerises atteignent 10 euros (65 francs le kilo !). Le kilo de faux filet s’établit à 29 euros. Un gigot de 3 kilos revient en moyenne à 60 euros. Autrement dit, le travail mensuel d’un salarié français qui perçoit 1200 euros net équivaut à 20 gigots! Enfin, on nous annonce en prime, une augmentation de 50% du prix des pâtes et des produits laitiers.

La hausse constatée depuis 5 ans s’avère donc considérable. Pourtant, selon l’INSEE, les prix de l’alimentation n’auraient cru en moyenne que de 1,9% entre 2001 et 2006 : le panier de la ménagère qui valait 100 en 2001 devrait donc valoir 120 aujourd’hui. Or pour le seul faux filet, j’ai constaté pendant la même période une augmentation de 50%.

L’alimentation n’est pas seule en cause. Le baril de pétrole flirte avec les 78 euros et les cigarettes vont augmenter de 6%. Dans l’immobilier, les prix restent à des niveaux prohibitifs. En province, le moindre tas de pierres qui aurait valu 200.000 FR dix ans auparavant, se revend 400.000 euros. Une chambre d’hôtel de bon standing qui valait 100 euros, se négocie aujourd’hui à 200 ou 300 euros. On comprend que notre Président choisisse de passer ses vacances aux USA !

En règle générale, de telles hausses de prix signalent une inadaptation de l’offre à la demande soit en raison de contraintes productives (mauvaises récoltes par exemple) soit en raison de protections ou de règlementations qui limitent artificiellement l’offre. Ces deux éléments peuvent d’ailleurs se combiner à différents niveaux : mondial, européen, et national.

Sur le plan mondial, il existe des facteurs de hausse qui expliquent en partie cette situation. La réduction des emblavements au profit des plantes industrielles destinées à produire du bio éthanol a provoqué une hausse des prix de toutes les matières premières agricoles. Il s’agit donc d’un effet indirect de la hausse des prix du pétrole. En outre, des mauvaises récoltes en Australie et au Canada ont réduit les stocks de céréales affectant ainsi tous les produits dérivés (pâtes, produits laitiers etc.). Face à cette production en diminution, la hausse de la demande est en revanche restée soutenue avec l’accession de millions de consommateurs à une alimentation plus riche et diversifiée (voir globalisation). La vigueur de la demande mondiale affecte aussi les prix de l’immobilier dans toutes les grandes capitales (Paris n’est pas la plus chère !). Bien des possédants du Moyen Orient investissent en effet dans la pierre pour se prémunir des aléas politiques dans leurs propres pays.

A cela s’ajoutent des causes spécifiques à l’Europe. Répétons le sans cesse : le coût de l’alimentation y est dix fois plus élevé qu’en Asie du Sud et deux à trois fois plus élevé qu’en Amérique ou en Australie. Comment expliquer que le gigot néo-zélandais transporté sur 20.000 km, se vende au détail à 7 euros le kilo contre 20 euros pour le produit local? La cherté des prix alimentaires s’explique ici par la protection et la limitation de l’offre dans le cadre de la politique agricole commune. Rappelons que cette politique et les aides nationales coûtent environ 100 milliards d’euros par an aux contribuables européens!

Cette cherté s’explique aussi par des facteurs inhérents à la France : Pourquoi les prix de l’alimentation en Espagne (zone euro) sont ils très inférieurs à ceux de la France? La raison en est simple: la dépense publique par habitant incorporée au coût des produit s’élève a 14.206 euros en France contre 7.110 en Espagne (1) ! De même, en matière immobilière, l’usine à gaz du code de l’urbanisme organise soigneusement la raréfaction du foncier et limite ainsi l’offre de constructions, ce qui explique aussi les écarts de prix constatés avec d’autres pays de la Communauté.

Les révolutionnaires bleus connaissent bien tous ces faits ainsi que les remèdes appropriés. En revanche, les Instituts de statistiques mensongères font semblant de les ignorer, tout comme le gouvernement qui prévoit une hausse des prix limitée à 1,7% en 2008 ! Comme il n’existe aucune chance de se faire entendre, j’étudie des mesures simples, visant à préserver votre pouvoir d’achat et à toucher le cœur des intérêts économiques et financiers du Système (2).

Gérard Pince

(1) Source : page 129 des tableaux économiques de l’INSEE-2005-2006.
(2) Si vous avez aussi des idées sur ce sujet, n’hésitez pas à les faire connaître!