dimanche 2 septembre 2007

Turbulences financières : la victoire des Banques centrales

L’échéance de la fin août étant passée, la crise financière est à présent moins menaçante. Même s’ils restent encore nerveux, les marchés boursiers semblent rassurés par les interventions des Banques centrales qui se sont poursuivies tout au long de la semaine écoulée. Le Président Bush est à nouveau monté au créneau pour confirmer la solidité de l’économie américaine. La FED a réaffirmé sa volonté de fournir toutes les liquidités nécessaires. Enfin, la BCE cédant aux pressions, pourrait assouplir sa position sur les taux (ce qui serait d’ailleurs à notre avis une erreur). Nous ne sommes pas encore à l’abri de mauvaises surprises mais les probabilités penchent désormais dans le sens d’une normalisation progressive de la situation.

La réaction des deux principales Banques centrales s’est avérée décisive. Elles étaient déjà intervenues après les crises boursières d'octobre 1987 et de 2001, mais à notre connaissance, c’est la première fois que leur action se prolonge ainsi pendant plusieurs semaines. L’injection monétaire pour éponger des pertes risque pourtant de se traduire par des troubles sur le marché des changes ou par la relance de l’inflation. En fait, on escompte sans doute un accroissement des importations de produits chinois et indiens à bas prix pour contrebalancer l’effet inflationniste des masses d’argent qui viennent d’être déversées. L’avenir dira quelles en seront les conséquences au niveau de l’économie réelle.

Plusieurs leçons se dégagent : en premier lieu, on ne peut pas dire avec les socialistes ou les alter mondialistes, que les marchés manquent d’instruments de régulation. Nous sommes loin du temps ou au plus fort de la crise de 1930, le Président américain laissait faire les marchés en attendant « la reprise qui était au coin de la rue ». Bien loin d’être anarchique, le système des banques centrales s’est révélé réactif, organisé et hiérarchisé. Certains libéraux dogmatiques s’en désolent: fallait-il donc laisser une crise systémique entraîner les unes après les autres, les banques et leurs déposants dans la faillite?

En revanche, les banques et les spéculateurs qui ont pris des risques excessifs ne sont pas sanctionnés par le marché. On a sauvé tout le monde: les bons, les brutes et les truands! Le risque étant ainsi minoré, il faut s’attendre, selon certains, à de nouvelles bulles spéculatives. Reconnaissons toutefois que l’extension de la globalisation rend caduque nos analyses héritées du passé.

Gérard Pince