mercredi 29 août 2007

Du nouveau et du bon en politique étrangère.

A quoi sert le quai d’Orsay? A rien répondent les mauvaises langues. La réunion des 180 ambassadeurs que nous entretenons aux quatre coins du monde aura au moins permis de mieux connaître les intentions de Nicolas Sarkozy en matière de politique étrangère.

Ces nouvelles orientations vont dans le bon sens et marquent une nette inflexion, voire même une rupture, par rapport au Gaullisme et au désastreux tandem Chirac-Villepin. La France réintègre le camp occidental et n’entend plus faire cavalier seul ou jouer la mouche du coche. En particulier, la défense européenne n’est plus conçue comme un moyen de remplacer l’OTAN et d’affaiblir le lien transatlantique mais comme le complément d’une alliance plus indispensable que jamais. L’atlantiste que je suis ne peut que se réjouir d’une telle novation.

Nicolas Sarkozy affiche clairement son soutien à Israël et la position française concernant l’Iran est clarifiée avec pour la première fois une évocation de l’option militaire. Par ailleurs, la coopération totale entre les services de sécurité est réaffirmée.

En ce qui concerne la Turquie, le Président a déclaré: « les négociations se poursuivront à condition que les chapitres soient compatibles avec les deux visions possibles des relations UE-Turquie : soit l’adhésion, soit l’association. La seconde formule est celle que j’ai prônée pendant toute ma campagne électorale. Je n’ai pas changé d’avis ».

Contrairement à ce que disent certains qui soit ne savent pas lire, soit ne comprennent pas ce qu’ils lisent, la position du président n’a pas changé sur le fond. Il essaye simplement de gagner du temps afin de rallier d’autres pays et notamment l’Allemagne à sa position (1).

J’en profite pour adresser une supplique au politburo de la Commission Européenne: En voulant imposer la Turquie, vous êtes en train de détruire le projet européen. Bien qu’étant un fédéraliste de la première heure, je choisirai toujours « pas d’Europe du tout » plutôt qu’une Europe islamisée. La majorité des militants du Mouvement Européen lancé par Churchill partage certainement cette résolution.

Gérard Pince

(1) On disait autrefois que les communistes n’étaient pas à gauche mais à l’Est. De même, lorsque Jean-Marie Le Pen traite Sarkozy de sioniste et d’atlantiste, il n’est plus en Occident mais ailleurs.

lundi 27 août 2007

Immigration : complément au projet de loi

Je souhaite compléter l’article du 7 août dernier pour tenir compte des observations de nos amis.

En premier lieu, un certain nombre d’emplois ne sont pas pourvus. C’est notamment le cas dans le bâtiment ou 200.000 offres d’emplois ne trouvent pas preneurs alors que les conditions de rémunérations y sont souvent meilleures que dans d’autres secteurs. Sachant que nous comptons plus de 2 millions de chômeurs, pourquoi doit-on employer des étrangers difficilement intégrables alors que tant de français ne font rien? Cette question d’un ami lecteur renvoie à notre système global d’assistanat.

Il conviendrait sans nul doute de durcir, comme en Allemagne, les conditions d’indemnisation du chômage et de revoir le RMI et les autres allocations du même type qui représentent autant d’incitations à l’oisiveté. Je rappelle que les propositions de la Révolution bleue prévoient la suppression de ces aides et leur remplacement par une indemnité forfaitaire versée en contrepartie d’une mission d’utilité publique. Ce transfert présenterait l’avantage de bénéficier aux seuls nationaux français puisque la législation actuelle leur réserve les missions publiques. Je rappelle aussi à l’usage des gauchistes la citation suivante de Lénine: " Celui qui ne travaille point, ne mange point. Dans cette vérité simple, évidente, limpide, se trouve la base du socialisme, la source inépuisable de sa force, le gage inextinguible de sa victoire finale " (1)

Par ailleurs, puisqu’il s’avère nécessaire de recruter des compétences à l’étranger, la mesure la plus simple consisterait à ouvrir notre marché du travail aux pays de l’Est, à l’image du Royaume unie, afin d’accueillir une immigration ne présentant pas de difficultés d’intégration majeures.

S’agissant de l’immigration illégale, plusieurs lecteurs font observer qu’il faudrait aussi pénaliser les réseaux de soutien aux immigrés en situation irrégulière. Notre proposition initiale reposait sur le vote d’une loi s’énonçant comme suit « Tout étranger séjournant illégalement sur le territoire français commet un crime passible de 5 à 10 années de prison et du double en cas de récidive ». Selon ces lecteurs, il faudrait la compléter par un second article du code pénal: « Toute personne qui, soit d’une manière isolée soit en association, apporte son soutien à des immigrés illégaux commet un crime passible de la même peine que le contrevenant principal»

Je suis, sur le principe, favorable à un tel ajout. En effet, les mafias vicieuses font entrer les étrangers et les mafias vertueuses (les organisations caritatives) les aident à se maintenir en France. On condamne les premières pour mieux se pâmer d'admiration devant les secondes. Il s'agit en fait d'une seule et même filière et la première composante ne fonctionnerait pas sans la seconde. Cela étant, il faut savoir que ces organisations caritatives dépendent pour l’essentiel des églises et que des mesures aussi radicales seraient jugées ignobles, nauséabondes et racistes. On connait la musique!

Dans l’immédiat, M. Brice Hortefeux (ou mieux encore le Président lui-même) pourrait convoquer une conférence de l’épiscopat et des Pasteurs pour leur préciser que leurs églises ne sont pas au dessus des lois et pour enjoindre aux associations qui en dépendent de cesser leurs agissements contraires à l’ordre public. A l’évidence, la première mesure à prendre résiderait dans la suppression de toutes les aides publiques à ces associations qui bafouent quotidiennement les lois de la République.

Gérard Pince

(1) Lettre de Lénine parue dans la Pravda du 24 mai 1918.

vendredi 24 août 2007

Démantèlement de l’éducation nationale : propositions concrètes.

On ne reviendra pas sur le naufrage de l’éducation nationale. Le présent article s’attache à explorer des pistes permettant d’envisager son démantèlement complet à terme.

En premier lieu, il faut moderniser l’éducation. En effet, lorsqu’on considère l’ensemble des activités humaines, on s’aperçoit que l’éducation est la seule à ne pas avoir bénéficié des fantastiques progrès techniques enregistrés depuis le 18eme siècle. On enseigne et on apprend aujourd’hui comme au temps de Socrate: les élèves doivent se réunir dans un lieu et à un moment précis pour écouter une personne qui parle! Nous avons donc besoin en France comme ailleurs d’une révolution en matière d’éducation avec un recours à toutes les techniques offerte par les sciences de la communication (Internet, Visio conférence etc.) et par les sciences cognitives (Comment transmettre le savoir, comment l’assimiler plus vite grâce aux méthodes d’hyper learning, comment mémoriser, comment savoir faire et comment se comporter). En outre, comme tous les systèmes archaïques et préindustriels, notre éducation supporte des coûts prohibitifs (Bâtiments coûteux, corps pléthorique d’éducateurs etc.)(1)

Cette modernisation exige l’intervention d’entreprises capitalistes centrées sur l’enseignement et de même nature que celles qui se consacrent aux relations humaines ou à la réalisation de logiciels. L’offre éducative en France ne comporte pas encore ce type d’entreprises. Elle comprend en effet un secteur néo marxiste (le soit disant secteur public) et un secteur confessionnel sous contrat (le soit disant secteur privé) (2). Ces deux secteurs, héritage de la guerre scolaire, sont financés par l’état, et ne bénéficient pas de liberté réelle en matière pédagogique. Il existe aussi quelques écoles « indépendantes » ne recevant aucune aide de l'Etat mais leur contenu éducatif reste contrôlé par les corps d'inspection de l'Éducation nationale !

Ces trois secteurs (public, sous contrat et indépendants) correspondent objectivement à un mode de production du savoir de type artisanal, alors que nous avons besoin d’un type de production très capitaliste avec des entreprises de la taille de Google, de Nissan ou de Mac donald. Il convient donc en premier lieu de supprimer toutes les restrictions administratives (3) et surtout pédagogiques afin de permettre à de telles entreprises d’entrer sur le marché, de révolutionner l’offre éducative et d’innover en inventant de nouveaux produits ou de nouvelles méthodes.

Cela étant, indépendamment de ces restrictions, ces entreprises ne pourront pas entrer sur le marché tant que la demande solvable des clients restera accaparée par les secteurs subventionnés (public ou sous contrat)

Pour créer ce marché, il faut s’appuyer sur le chèque éducation. Rappelons son principe de base: le budget de l’éducation nationale est divisé en autant de parts qu’il y’a d’enfants scolarisables. Chaque famille reçoit pour chaque enfant un chèque correspondant à une part et le remet à l’établissement de son choix. Par exemple, sachant que le budget de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur s’élève à 80 milliards d’euros et qu’on compte 15.000.000 de scolarisables (de la maternelle jusqu’au doctorat), la part s’élève à 5300 Euros. Une famille de deux enfants recevrait donc 10.600 euros par an pour financer leur éducation. (4).

Certains proposent d’appliquer ce système d’une manière universelle aux trois secteurs (public, sous contrat et indépendants). On susciterait ainsi une concurrence salutaire entre les différentes composantes mais on ne règlerait pas le problème de fond qui ne se réduit pas au libre choix des parents mais au contenu réel de l’offre éducative. Par ailleurs, tous les chèques iraient vers les meilleurs établissements avec des risques de queues et de file d’attente. Enfin, supposez qu’on dise soudain aux parents « Tenez, voila votre argent et débrouillez vous pour trouver des places pour vos enfants ». Vous pouvez imaginer l’angoisse qui saisirait alors beaucoup de mères de familles dans un domaine qui touche au coeur de la vie quotidienne des français.

A notre avis, on doit donc réserver le chèque éducation aux seules familles plaçant leurs enfants dans les entreprises réellement privées. Une demande solvable apparaîtra ainsi et représentera un marché porteur pour une offre éducative moderne, seule susceptible d’apporter des réponses innovantes aux problèmes actuels. J’ajoute que cette réforme ne provoquera aucun traumatisme majeur pour les parents puisqu’elle se réalisera d’une manière progressive, pragmatique et prudente : pour des raisons évidentes, les entreprises privées ne se créeront pas toutes du jour au lendemain. De son coté, la demande (c'est-à-dire les parents retirant un chèque éducation) se développera aussi d’une manière progressive.

La mise en place de cette réforme entraînera le dépérissement de l’éducation nationale. Au fur et à mesure que le marché privé s’accroîtra, le secteur subventionné tant public que sous contrat sera réduit avec le non remplacement des départs à la retraite et la fermeture de classes ou d’établissements. On s’abstiendra aussi d’engager des réformes dans ce secteur sachant que cela se traduit toujours par des coûts supplémentaires pour une efficacité nulle, le système étant fondamentalement irréformable.

A l’horizon de 20 ans, le budget de l’éducation nationale sera entièrement consacré aux chèques éducation et comme il est absurde de prélever de l’argent pour le reverser ensuite, cette situation se traduira à terme par la suppression de la dépense publique d’éducation et la réduction des impôts correspondants. On aboutira ainsi à une privatisation intégrale du système

Au bout du compte, on en aura enfin terminé avec notre fabrique à crétins et la jeunesse française entrera enfin de pleins pieds dans le vingt et unième siècle. Ce ne sera pas trop tôt !

Gerard Pince

(1) Pour ceux qui s’intéressent à ce sujet, se reporter à www.freeworldacademy.com/globalleader/globalglobal.htm
(2) Je caricature: Il existe des enseignants non marxistes dans le public et les écoles sous contrat ne sont pas toutes confessionnelles !
(3) Il convient notamment de remplacer le contrôle de l’éducation nationale par un système de « benchmarking » organisé par le secteur privé. Toute activité implique en effet des contrôles: On vérifie qu’un fabriquant de yaourt vend bien un produit correspondant à du yaourt. De même, une firme qui produit de l’éducation doit vendre un produit conforme à un savoir. Il faut donc des contrôles pour éviter qu’on enseigne le culte de l’oignon, l’adoration du prophète et toutes les autres superstitions que je vous laisse le soin d’imaginer.
(4) Le montant de la part doit évidemment se calculer en fonction du niveau d’éducation (primaire, secondaire, universitaire). A noter qu’une part de 5.300 euros donne un budget de
106.000 euros pour une classe de 20 élèves. Compte tenu des économies réalisées grâce aux technologies nouvelles, ce budget n’est pas négligeable. Le système s’applique déjà partiellement dans un certain nombre de pays Chili, Suède, Royaume-Uni, Pays-Bas, Hong Kong, États-Unis.

dimanche 19 août 2007

Turbulences financières : le temps des polémiques

Les solutions apportées à une crise financière ne sont jamais politiquement neutres. Par delà leur aspect technique, elles avantagent ou pénalisent certaines catégories sociales. Il faut donc analyser la crise sous cet angle pour savoir comment défendre vos intérêts.

Je passe brièvement sur les arguties idéologiques. Pour les socialistes, la crise révèlerait les vices de la mondialisation libérale. En fait, le capitalisme passe par des cycles d’expansion ou de dépression avec au bout du compte un solde positif tandis que l’économie socialiste n’enregistre qu’un seul cycle conduisant à un appauvrissement inexorable. De leur coté, des libéraux dogmatiques prétendent que la crise aurait pour origine des réglementations étatiques en Californie. Tous les experts lucides savaient pourtant bien que la mondialisation recélait des boites noires susceptibles de jouer des tours pendables à l’ensemble du système (se reporter à l’article du 28 Juillet)

La première polémique porte sur l’intervention des banques centrales. Leur action massive, en rassurant les marchés et en empêchant un krach, a permis aux gros investisseurs de vendre à temps en limitant leurs pertes (1). En revanche, les petits actionnaires, à leur retour de vacances, risquent d’assister à un grand plongeon des actions. On leur dira que les bourses vont remonter, en se gardant de rappeler que ce n’est qu’en 1950, que les actions en dollars constants ont retrouvé leur niveau de 1929. On leur dira aussi que la bourse reste le meilleur investissement, en oubliant de préciser qu’à long terme nous serons tous morts, comme le disait fort justement Keynes.

La seconde polémique concerne le taux de la BCE. La masse monétaire (M3) ayant déjà cru à un rythme supérieur à celui du PIB dans la zone euro au cours des mois précédents la crise, les injections massives de la BCE (200 milliards d’euros soit 2,5% du PIB de la zone euro) ont donc renforcé cette tendance. Nous avions déjà signalé une inflation par les coûts (se reporter à l’article du 3 août). L’excès de liquidité injecté pourrait se traduire par une inflation par la demande. Afin de faire refluer ces pressions inflationnistes, la BCE devrait donc augmenter son taux directeur. De leur coté, nos élites réclament sa baisse afin de refinancer la dette publique à moindre coût. Si la BCE cédait à ces pressions, elle irait à contre courant de sa politique et susciterait la défiance des cambistes internationaux. Il en résulterait une relance de l’inflation, une chute rapide de l’euro et un risque d’implosion à plus ou moins long terme.

Vous mesurez l’enjeu politique de cette affaire: ou bien poursuivre la fuite en avant, laisser libre cours à la spéculation, se satisfaire du spectacle de voyous paradant sur des yachts ou s’aspergeant de champagne sur les plages de St Trop; ou bien défendre notre pouvoir d’achat, nos épargnes et nos retraites, en assainissant les finances publiques et les politiques de facilité qui sont à la source de cette crise.

J’espère, sans trop y croire, que les marchés vont se stabiliser. On saura très vite si la crise est derrière nous ou bien si elle risque de croître et d’embellir! Pour le moment, méfiez vous de tous les conseils et notamment de ceux des banques. Dites vous bien que si leurs employés étaient aussi infaillibles qu’ils le prétendent, ils auraient déjà fait fortune et ne seraient pas derrière un guichet (3).

Gérard Pince

(1) Je ne m’attendais pas à ce que la BCE intervienne aussi vite et aussi fort d’autant plus que nous n’avons pas connu jusqu’à présent un véritable krach (10 à 20% de chute des indices en une seule séance) Il faut donc croire que la crise de liquidité des banques était beaucoup plus importante qu’on ne pouvait le soupçonner de l’extérieur.
(2) À l’inverse, la masse monétaire américaine est restée en cohérence avec le PIB US ce qui a permis à la FED d’abaisser son taux. On connaît les causes de cette distorsion entre les deux zones: le poids des systèmes sociaux européens nourrit une demande sans contrepartie productive qui pousse la masse monétaire à la hausse.
(3) Le même avis s’applique à la presse financière. Vous pensez bien que si les journalistes avaient de vrais « tuyaux », ils ne gagneraient pas leur vie en gribouillant du papier.

vendredi 17 août 2007

Le naufrage d’une génération

J’ignore si vous éprouvez le même sentiment mais j’ai de plus en plus l’impression d’être cerné par des crétins. En effet, nos contemporains détruisent l’héritage millénaire de notre nation et livrent, sans aucune résistance, le pays aux envahisseurs. Ils lèguent à leurs héritiers une croissance anémiée, une dette publique colossale et un pays en cours d’islamisation.

Je pense que la cause de cette catastrophe est d’ordre générationnel. Nous avons pris l’habitude d’imputer tous nos malheurs aux élites mais ce type d’explication rencontre des limites: les hommes politiques sont élus, les médias reflètent l’opinion publique plus qu’ils ne la fabriquent et l’esprit de décadence transcende tous les clivages politiques (1). En revanche, le rôle de l’éducation semble déterminant. Selon certains spécialistes, la méthode globale, en privilégiant l’image, développerait surtout l’hémisphère droit du cerveau, siège des émotions, au détriment du gauche dévolu à la raison et à l’abstraction. Suite à ce formatage précoce, les jeunes gens ne parviendraient plus à raisonner correctement, ce qui expliquerait les traits saillants du discours dominant: primauté absolue de l’émotionnel et de l’angélisme; présentation d’images et de postures compassionnelles; stigmatisation de toute légitime défense, le seul comportement correct consistant à tendre l’autre joue; neutralisation de l’instinct de survie par des tendances masochistes inclinant à une culpabilisation perpétuelle (2).

En bref, on se trouverait en présence d’une génération comportant une forte proportion de personnes déficientes. Cet élément pourrait expliquer l’importance des dérapages constatés. Par exemple, notre faible croissance résulte sans doute du manque de réformes mais aussi de raisons plus profondes: les chefs d’entreprise ne savent plus commander, les cadres veulent se reposer, les employés font semblant de travailler tandis que les banques incitent les épargnants à la débauche financière. Nous assistons au développement d’une nouvelle économie, le « Postalisme » qui consiste à retirer le mandat des alloc à la poste et à rejoindre les copains au bistrot pour regarder le match de rugby! Sur le plan politique et social, c’est encore pire: les évêques catholiques demandent à leurs fidèles de prier Allah, les universitaires raisonnent de travers (3), les philosophes prêchent l’immoralité, les enseignants désinforment leurs élèves, les jugesses et autres procureures libèrent à tour de bras les pédophiles. Cette régression intellectuelle et morale se manifeste évidemment par la tiers-mondisation du pays, la seconde n’étant que la conséquence logique de la première (4).

Que faire ? Dans une famille, on ne laisse pas un héritier débile dilapider le capital accumulé par les générations précédentes. On réunit un conseil et le malade est aussitôt placé sous tutelle. Au niveau d’une nation, la solution semble moins évidente. Toutefois, à défaut de placer quelqu’un sous tutelle, on peut au moins lui couper les vivres! Or il se trouve que notre génération, celle des anciens, détient d’une manière ou d’une autre, la majorité de l’épargne dans ce pays. Il nous suffit donc de serrer les cordons de notre bourse pour entraîner l’arrêt complet du système et imposer aux irresponsables les réformes nécessaires. J’ai déjà esquissé cette piste à l’occasion de l’article consacré au pouvoir d’achat. La crise mondiale qui nous guette en renforce la crédibilité. Nous en reparlerons à la rentrée !

Gérard Pince

(1) Somme toute, c’est bien un libéral et non un gauchiste qui a inventé l’expression ahurissante des « chances pour la France »!
(2) Il existe heureusement des jeunes raisonnant normalement mais ils sont minoritaires. Ils le sont d’autant plus qu’un nombre croissant choisit de s’expatrier !
(3) Se reporter à :
www.freeworldacademy.com/globalleader/agendacont.htm
(4) La gendarmerie, la police et les sapeurs pompiers représentent les seuls éléments encore sains d’une société complètement décomposée. C’est pourquoi j’évite de critiquer d’une manière indifférenciée les fonctionnaires (les sondages montrent qu’une majorité de français sait faire la part entre ceux qui ponctionnent et ceux qui sont sans cesse sur la brèche).

mercredi 15 août 2007

Turbulences financières : acte 2

Les causes et les effets possibles de la crise actuelle ont été analysés par l’article du 5 août. Quels sont les éléments nouveaux intervenus depuis lors ?

En premier lieu, les Banques Centrales ont injecté en quelques jours, des sommes colossales afin de rétablir la liquidité du marché interbancaire. Il est beaucoup trop tôt pour évaluer l’incidence d’une telle injection (relance de l’inflation ou compensation d’une dépression). La BCE ayant été la plus active, on observe dès à présent un léger tassement de l’euro par rapport au dollar. (1)

En dépit de cette intervention, les résultats restent contrastés. Chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles et la confiance ne parvient pas à se rétablir. Par ailleurs, les Banques Centrales ne pourront pas continuer indéfiniment à injecter des liquidités sans prendre le risque de créer de nouveaux déséquilibres.

En second lieu, le prix du pétrole a baissé de 10% en une semaine. Dans le sillage du pétrole, tous les métaux, à l’exception de l’or, sont aussi en recul. J’attire votre attention sur ce fait qui n’a pas été souligné par les commentateurs et qui donne pourtant un double signal: d’une part, les traders diminuent leurs achats de pétrole dans la perspective d’un ralentissement de la croissance mondiale. La crise financière serait donc bien en train de contaminer l’économie réelle. D’autre part, cette baisse risque de mettre en difficulté les hedge funds qui représentent un risque d’insolvabilité plus important que les crédits immobiliers. (2)

L’échéance de fin août risque de s’avérer décisive avec le dénouement de nombreux contrats à terme. Soit les marchés se stabiliseront, soit ils plongeront pour de bon.

Gérard Pince

(1) 300 milliards d’euros dont 200 en net ont été injectés (Environ 150 par la seule BCE). Cette expérience démontre « in vivo » que les marchés ne s’autorégulent pas toujours, contrairement à ce que prétendent les théoriciens libéraux.
(2) L’activité des hedge funds consiste à « parier » sur l’évolution future de différents indices économiques : taux de changes, taux d’intérêts, indices synthétiques des bourses, cours des matières premières. On peut dire en simplifiant que cette activité se traduit soit par un effet de levier (gagner beaucoup en misant peu) soit par un effet de massue (se ruiner en cas de pari perdu). Malheureusement, les banques ont financé cette spéculation: encours estimé à 1600 milliards de dollars !

(3) je publie ici ma réponse à une question posée hors blog: Les interventions des banques centrales prennent toujours la forme de prêts aux banques primaires, gagés par les créances de ces dernières. L'échéance varie en fonction de celle de la créance sous jacente: trois mois pour une traite commerciale ( réescompte classique) , plusieurs années calées sur l'amortissements pour les prêts à moyen ou long terme consentis par les banques primaires à leurs clients. Dans le cas qui nous intéresse, les prêts des banques centrales ont été consentis pour des échéances très courtes ( 2 ou 3 jours) mais renouvelables. Par exemple la banque centrale me prête 200 à deux jours; à échéance je lui rembourse les 200 mais j'emprunte à nouveau 180 et ainsi de suite. C'est pourquoi j'ai parlé du net injecté par opposition aux flux bruts. En principe les créances en garantie sont toujours de premier ordre car sinon, la banque centrale émettrait de la monnaie de mauvaise qualité. Toute cette liquidité ne devrait pas , à mon avis, refluer rapidement bien que M3 ait cru plus vite que le PIB au cours des derniers mois dans la zone euro, ce qui devrait logiquement plaider en faveur d'un prochain relèvement des taux de la BCE. S'agissant de l'échéance d'août, je vise surtout le dénouement des "futures" sur les matières premières qui pourrait prendre à revers les opérateurs (hedge funds)
Un mot enfin pour expliquer l'origine de la monnaie de la banque centrale. Il faut savoir qu'on imprime en permanence des billets qui sont remis périodiquement à la banque centrale. Par convention, ces billets entreposés dans les réserves sont considérés comme de simples vignettes tant qu'ils n'entrent pas dans le circuit de l'émission. Les vignettes deviennent des billets de banque à l'occasion des deux opérations suivantes:
1-Chaque jour, les banques retournent à la banque centrale des billets usagés qui sont détruits et remplacés par des billets neufs ( les vignettes!). Il ne s'agit pas ici d'une création monétaire puisque le nombre de billets détruits est égal au nombre de billets neufs émis. C'est pourquoi vous avez toujours des billets neufs dans les distributeurs (C'est aussi pourquoi il est vain de rayer la Turquie sur les billets de cinq euros puisque ceux ci, étant détériorés, sont aussitôt remplacés par des neufs)
2-les banque peuvent aussi solliciter des prêts de la banque centrale en échange d'actifs. Il s'agit alors d'une création monétaire puisque la monnaie prêtée s'ajoute à la masse monétaire existante. En principe, cette création monétaire correspond à un accroissement de l'activité économique et se justifie donc parfaitement. En revanche, dans le cas qui nous intéresse, la diminution de l'activité ( pertes) ne devrait pas justifier une création monétaire qui pourrait contrarier l'assainissement souhaitable. Toutefois, les risques de contagion étant avérés, nécessité fait loi dans ce domaine comme dans les autres.

lundi 13 août 2007

Le déficit du Commerce extérieur freine la croissance

La France vient d’enregistrer un déficit record de son commerce extérieur sur les 6 premiers mois de 2007 (1). Le tableau suivant retrace la détérioration du solde de nos échanges de biens et services depuis 2002 (en milliards d’euros; prévisions pour 2007, soldes négatifs en rouge)

2002 2003 2004 2005 2006 2007
26,4 14,6 7,9 12,3 21,8 (2) 35

Cette évolution calamiteuse contredit les prévisions gouvernementales fondées sur une hausse de la croissance puisque le déficit du commerce extérieur réduit le taux de croissance du PIB. Par exemple, en 2005 le PIB de la France s’est accru de 1,2%. Comment s’analysait cette augmentation ? : 1,4% provenait de la consommation, 0,6% de l’investissement et -0,8% du solde négatif du commerce extérieur. Sans ce solde négatif, le taux de croissance se serait donc élevé à 2% au lieu de 1,2%.(3)

M. Novelli, Secrétaire du commerce extérieur, propose d’encourager les exportations en relançant l’innovation. Comme chacun sait, l’innovation se décrète depuis les cabinets ministériels! Il souhaite aussi que les entreprises grandissent afin d’exporter davantage. Un tel projet ne peut se réaliser que dans le long terme alors que la situation requiert des mesures d’urgence. De plus, ce genre de raisonnement fondé sur une comparaison entre la France et l’Allemagne ne mène jamais bien loin : Autant demander aux Français d’adopter les habitudes alimentaires des Anglais!

J’avais entendu naguère M. Novelli, tenir des propos plus audacieux: « Attendez que les libéraux soient au pouvoir et vous allez voir!»(4). C’est tout vu ! Les freins à nos exportations sont pourtant bien connus. Les 35 heures et les charges alourdissent les coûts de production des entreprises tandis que les difficultés de recrutement découlant du code du travail ne leur permettent pas d’être réactives sur les marchés extérieurs. En conséquence, elles perdent des parts de marché.

Cela étant, le creusement du déficit vient surtout des importations qui progressent beaucoup plus vite que les exportations à un taux dépassant celui des autres pays de la zone euro. En l’absence de droits de douane et de manipulation du taux de change, le seul moyen de les réduire consiste à comprimer la consommation en diminuant les dépenses de l’état et surtout la masse des allocations qui alimente les circuits d’importation (5).

Toute notre politique économique repose sur l’idée contraire. En effet, nos énarques prisonniers de schémas keynésiens simplistes, pensent que la consommation reste le meilleur moteur de la croissance. En réalité, dans une économie ouverte sur l’extérieur, toute augmentation de la consommation entraîne aussi celle des importations et lorsqu’un déficit extérieur apparaît le taux de croissance s’en trouve réduit. Pour avoir une croissance forte, il faut donc en finir avec le consumérisme et inciter les Français à investir. Par exemple, les résultats de la Chine s’expliquent par une consommation réduite, un très fort taux d’investissement et un solde extérieur important.

Dédions ces quelques réflexions à Monsieur Attali, Président de la Commission sur les freins à la croissance. Je doute qu’il en tienne compte sachant qu’elles vont à l’encontre de tout ce qu’il enseigne depuis tant d’années au détriment d’une saine gestion de l’économie française.

Gérard Pince

(1) Dans le même temps, l’Allemagne a bénéficié de soldes excédentaires records ce qui élimine les excuses liées à l’euro ou à la facture énergétique.
(2) Source : Banque de France.
(3) Pour ceux qui voudraient s’initier aux équations macroéconomiques, se reporter à
www.freeworldacademy.com/newbizzadviser/fw5.htm et à www.freeworldacademy.com/globalleader/ecodev.htm
(4) Dans un article publié par le Monde du 15 aout, M. Novelli explique que ce déficit n'est plus aussi grave qu'autrefois en raison de l'euro qui élimine la contrainte extérieure et son cortège de dévaluations. Notre chef de file des libéraux semble ainsi ignorer que ce déficit diminue mécaniquement la hausse du PIB qui est pourtant un sujet d'actualité!
(5) J’ai établi que les populations originaires du tiers monde consommaient plus qu’elles ne produisaient (se reporter à
www.freeworldacademy.com/globalleader/IMMG.htm
Par ailleurs, leurs modes de consommation alimentent les circuits d’importation (voiles, burqa, vins d’Afrique du nord, viande hallal, épicerie asiatique etc.) sans parler des envois d’argent au pays qui pèsent sur la balance extérieure des revenus.

mardi 7 août 2007

Immigration : projet de loi

Un ami lecteur me disait récemment, qu’en arrivant à Roissy, il avait cru débarquer à Bamako ou à Alger. De même, les « élégantes » voilées ou en boubous fourmillent en ce moment sur les Champs Elysées. La période estivale s’avère, en effet, propice à un nouvel afflux migratoire. Toutes ces personnes entrent avec un visa touristique de trois mois. A son expiration, elles restent sur le territoire et deviennent des sans papiers. La mairie les loge ensuite en hôtel au prix de 2000 euros par mois payés par les contribuables.

L’énoncé de tels faits ressemble à une histoire de fous. Parcourez pourtant la blogosphère et le commentaire qui y revient le plus souvent est le suivant « Ces pauvres gens ne sont pas des délinquants. Nous sommes assez riches pour les accueillir d’autant plus que nous avons pillé leurs pays » Fermez le ban ! Le gouvernement bombe le torse en se vantant d’avoir expulser quelques milliers de roumains en 2006 (1). Certes! Mais il s’agissait de blancs et nos bien pensants ne s’en sont donc pas émus. En revanche, essayez d’embarquer un africain pour le reconduire dans sa patrie et vous vous heurterez aussitôt à la fureur de l’équipage et des passagers. Ne comptez pas non plus sur les charters. Il faut bien qu’ils atterrissent et les états étrangers refusent de les y autoriser. Oubliez aussi les navires ou les trains. Ils évoqueraient soit la traite des noirs soit la Shoah. Soyons lucides: tant que l’opinion publique restera ce qu’elle est, il sera impossible de rapatrier les étrangers en situation irrégulière (2).

Après un examen attentif (3), je pense qu’il existe néanmoins une solution simple et radicale. Il suffirait que l’Assemblée Nationale vote un article de loi s’énonçant comme suit « Tout étranger séjournant illégalement sur le territoire français commet un crime passible de 5 à 10 années de prison et du double en cas de récidive » Un tel article du code pénal ne contredirait ni notre constitution, ni les traités internationaux signés par la France à des titres divers. On objectera que le nombre de prisonniers s’en trouverait augmenté. Rappelons que les USA comptent 2 millions d’incarcérés pour une population de 300 millions d’habitants. Le même ratio appliqué à la France donne un potentiel de 400.000 prisonniers alors que nous n’en avons que 62.000. La marge reste donc immense avant d’atteindre un nombre « internationalement correct ». Par ailleurs, si cette loi était affichée dans les aéroports et aux frontières terrestres, elle aurait un effet dissuasif certain (4) et réduirait aussitôt le nombre des candidats à l’incarcération.

Une telle mesure permettrait donc de bloquer l’essentiel de l’immigration illégale. C’est pourquoi, j’en soumets le projet à monsieur Brice Hortefeux, ministre de l’immigration, en invitant tous nos amis à relayer cette initiative auprès de leurs parlementaires.

Gérard Pince

(1) Cet artifice n’est d’ailleurs plus possible en raison de l’entrée de la Roumanie dans l’UE en 2007.
(2) J’ose espérer que l’opinion ne s’opposerait pas à l’expulsion de groupes fondamentalistes étrangers mais c’est un autre problème.
(3) Je suis le seul à avoir chiffré le coût de l’immigration pour notre pays. Se reportez à
www.freeworldacademy.com/globalleader/IMMIG.htm
Les autres études, largement médiatisées par de petites coteries, reposent sur des estimations parcellaires et pifométriques.
(4) A l’image de certains pays qui affichent dans leurs aéroports « La mort pour les trafiquants de drogue »

dimanche 5 août 2007

Turbulences financières.

Les français affectés par la baisse de leur pouvoir d’achat (voir l’article précédent) sont à présent confrontés à une autre mauvaise surprise: la fonte de leurs économies placées en bourse. En réalité, la baisse du CAC 40 n’est pourtant qu’un évènement mineur comparé aux risques que représenterait une crise financière mondiale. A bien des égards, les évènements actuels rappellent en effet les prémisses de la grande dépression. Par exemple, le système bancaire allemand vient de vivre une semaine très éprouvante. Selon le directeur de l’agence de surveillance des marchés financiers « la plus grande crise financière depuis 1931 » n’a été évitée, qu’in extremis, grâce au renflouement d’une banque menacée de faillite. De telles déclarations sont loin d’être rassurantes (1).

Tout d’abord, essayons d’expliquer les faits de la manière la plus simple possible. Certaines banques américaines ont attribué des crédits immobiliers excessifs à leurs emprunteurs en contrevenant aux règles élémentaires de l’orthodoxie financière (2). En outre, elles ont prêté à des ménages insolvables et à des mauvais payeurs (les « subprimes »). Tous ces crédits ont proliféré au point de représenter en 2006 la somme colossale de 600 milliards $ (1/3 du PIB français). Tant que le marché immobilier américain est resté orienté à la hausse, les ménages insolvables ont eu la possibilité de revendre leurs maisons pour rembourser leurs emprunts. A présent, avec l’éclatement de la bulle immobilière, la valeur des maisons ne couvre plus les prêts consentis et les banques n’étant pas remboursées se trouvent acculé à la faillite.
Cette histoire digne des « raisins de la colère » déborde le cas américain. En effet, dans le cadre de la globalisation, toutes les banques s’empruntent mutuellement au jour le jour pour résorber leurs pics de trésorerie. Lorsque des banques spécialisées dans l’immobilier aux USA ne peuvent plus rembourser les banques allemandes, ces dernières, à leur tour, n’honorent plus leurs échéances à l’égard de banques japonaises ou françaises. On assiste ainsi à un phénomène de contagion mondiale.

Si la crise financière s’étendait, elle se propagerait à l’économie réelle. Etant de proche en proche affectées par des difficultés de trésorerie, les banques devraient réduire tous leurs crédits. Mieux encore, comme elles ne gardent en liquide que 8% des dépôts qui leur sont confiés (3) elles ne pourraient plus faire face aux retraits d’argent des particuliers. De leur coté, à défaut de nouveaux crédits, les entreprises n’investiraient plus. On entrerait ainsi dans une spirale déflationniste comparable à la grande dépression des années 30.

Toutefois, nous n’en sommes pas encore là. Compte tenu de la forte croissance mondiale et surtout de la hausse de matières premières, les liquidités placées dans les banques restent abondantes et devraient leur permettre de résister au choc. En dernier recours, le Trésor américain, le FMI et les Banques Centrales pourraient injecter des liquidités dans le système quitte à relancer l’inflation puisque la monnaie ainsi fabriquée servirait en fait à éponger des pertes. J’essaye ainsi de vous rassurer mais je suis néanmoins inquiet : l’importance des sommes en jeu est sans commune mesure avec les chocs précédents et si la crise se propageait aux autres produits dérivés (1600 milliards de $ spéculatifs), elle pourrait alors devenir incontrôlable.

S’agissant de vos propres économies, il n’existe pas de solutions évidentes. Il ne sert à rien de changer de banque ou de monnaie puisque toutes les places, de l’Australie à l’Europe, sont touchées. Faut il investir dans la pierre? Les prix restent pour le moment prohibitifs et la généralisation de la crise entraînerait un éclatement de la bulle immobilière, notamment dans le secteur des résidences secondaires. En vérité, face à un phénomène d’ampleur mondiale, il faut surtout rester, au moins pour le moment, le plus « liquide » possible et s’écarter de tous les produits risqués et notamment des placements « dynamiques » recommandés par les banques qui en tirent de juteuses commissions !

Sachant que le pire n’est jamais certain, passez de bonnes vacances quand même !

Gérard Pince

(1) La grande presse s’efforce de ne pas affoler le public. Pour détourner l’attention, on préfère inventer de fausses polémiques (ventes d’armes) ou raconter des balivernes insipides (le « bonheur » de telle ou telle présentatrice ; les vacances de Sarkozy etc.).

(2) Il s’agit de la technique consistant à « recharger le crédit hypothécaire ». En substance, on a financé des dépenses de consommation au moyen de prêts à long terme ! Une entreprise qui procéderait ainsi aurait très vite un fonds de roulement négatif. Il s’est pourtant trouvé un économiste français, conseiller du gouvernement et habitué des plateaux de télévision, pour approuver ce système et recommander son application en France!

(3) Ratio « Cook »

vendredi 3 août 2007

Le pouvoir d’achat en chute libre

A leur retour de vacances, les français vont faire grise mine. Alors que nous sommes en pleine saison, les prix des pêches et des abricots oscillent entre 3 et 5 euros le kilo. Les cerises atteignent 10 euros (65 francs le kilo !). Le kilo de faux filet s’établit à 29 euros. Un gigot de 3 kilos revient en moyenne à 60 euros. Autrement dit, le travail mensuel d’un salarié français qui perçoit 1200 euros net équivaut à 20 gigots! Enfin, on nous annonce en prime, une augmentation de 50% du prix des pâtes et des produits laitiers.

La hausse constatée depuis 5 ans s’avère donc considérable. Pourtant, selon l’INSEE, les prix de l’alimentation n’auraient cru en moyenne que de 1,9% entre 2001 et 2006 : le panier de la ménagère qui valait 100 en 2001 devrait donc valoir 120 aujourd’hui. Or pour le seul faux filet, j’ai constaté pendant la même période une augmentation de 50%.

L’alimentation n’est pas seule en cause. Le baril de pétrole flirte avec les 78 euros et les cigarettes vont augmenter de 6%. Dans l’immobilier, les prix restent à des niveaux prohibitifs. En province, le moindre tas de pierres qui aurait valu 200.000 FR dix ans auparavant, se revend 400.000 euros. Une chambre d’hôtel de bon standing qui valait 100 euros, se négocie aujourd’hui à 200 ou 300 euros. On comprend que notre Président choisisse de passer ses vacances aux USA !

En règle générale, de telles hausses de prix signalent une inadaptation de l’offre à la demande soit en raison de contraintes productives (mauvaises récoltes par exemple) soit en raison de protections ou de règlementations qui limitent artificiellement l’offre. Ces deux éléments peuvent d’ailleurs se combiner à différents niveaux : mondial, européen, et national.

Sur le plan mondial, il existe des facteurs de hausse qui expliquent en partie cette situation. La réduction des emblavements au profit des plantes industrielles destinées à produire du bio éthanol a provoqué une hausse des prix de toutes les matières premières agricoles. Il s’agit donc d’un effet indirect de la hausse des prix du pétrole. En outre, des mauvaises récoltes en Australie et au Canada ont réduit les stocks de céréales affectant ainsi tous les produits dérivés (pâtes, produits laitiers etc.). Face à cette production en diminution, la hausse de la demande est en revanche restée soutenue avec l’accession de millions de consommateurs à une alimentation plus riche et diversifiée (voir globalisation). La vigueur de la demande mondiale affecte aussi les prix de l’immobilier dans toutes les grandes capitales (Paris n’est pas la plus chère !). Bien des possédants du Moyen Orient investissent en effet dans la pierre pour se prémunir des aléas politiques dans leurs propres pays.

A cela s’ajoutent des causes spécifiques à l’Europe. Répétons le sans cesse : le coût de l’alimentation y est dix fois plus élevé qu’en Asie du Sud et deux à trois fois plus élevé qu’en Amérique ou en Australie. Comment expliquer que le gigot néo-zélandais transporté sur 20.000 km, se vende au détail à 7 euros le kilo contre 20 euros pour le produit local? La cherté des prix alimentaires s’explique ici par la protection et la limitation de l’offre dans le cadre de la politique agricole commune. Rappelons que cette politique et les aides nationales coûtent environ 100 milliards d’euros par an aux contribuables européens!

Cette cherté s’explique aussi par des facteurs inhérents à la France : Pourquoi les prix de l’alimentation en Espagne (zone euro) sont ils très inférieurs à ceux de la France? La raison en est simple: la dépense publique par habitant incorporée au coût des produit s’élève a 14.206 euros en France contre 7.110 en Espagne (1) ! De même, en matière immobilière, l’usine à gaz du code de l’urbanisme organise soigneusement la raréfaction du foncier et limite ainsi l’offre de constructions, ce qui explique aussi les écarts de prix constatés avec d’autres pays de la Communauté.

Les révolutionnaires bleus connaissent bien tous ces faits ainsi que les remèdes appropriés. En revanche, les Instituts de statistiques mensongères font semblant de les ignorer, tout comme le gouvernement qui prévoit une hausse des prix limitée à 1,7% en 2008 ! Comme il n’existe aucune chance de se faire entendre, j’étudie des mesures simples, visant à préserver votre pouvoir d’achat et à toucher le cœur des intérêts économiques et financiers du Système (2).

Gérard Pince

(1) Source : page 129 des tableaux économiques de l’INSEE-2005-2006.
(2) Si vous avez aussi des idées sur ce sujet, n’hésitez pas à les faire connaître!