dimanche 20 avril 2008

Les vraies causes de la famine.

Après la crise financière, les médias s’emparent des émeutes de la faim en Afrique. Le Président Sarkozy en appelle à notre conscience pour verser un tribut supplémentaire dans le puits sans fond de l’aide au continent noir. Que Mr Sarkozy se rassure: notre conscience est en paix mais notre raison s’insurge contre les informations absurdes dont elle est abreuvée. Une fois de plus, il faut donc opposer les chiffres aux mensonges (1).

On nous répète que l’augmentation des prix agricoles (riz, blé, huile etc.,) résulte d’une pénurie de l’offre liée à de mauvaises récoltes, au recours aux bios carburants et à l’extension de l’élevage pour répondre aux changements alimentaires des classes aisées des pays émergents. En revanche, nul ne songe à invoquer la croissance incontrôlée de la population qui explique la hausse de la demande. Par exemple, l’Afrique comptait 224 millions d’habitants en 1950. Sa population s’élève aujourd’hui à 922 millions et devrait atteindre 2 milliards en 2050. La population africaine aura donc été multipliée par 9 en un siècle.

Cette croissance exponentielle s’explique par le faible recours au planning familial. Le pourcentage de femmes mariées pratiquant la contraception s’élève à 14% en Afrique contre 83% en Chine. Ce retard a des causes idéologiques et religieuses: dans toutes les conférences internationale, les pays du tiers monde entraînés par l’Algérie se sont constamment opposés aux résolutions recommandant le planning familial. Les leaders du tiers monde prétendaient en effet que le contrôle des naissances était le fruit d’une conspiration des occidentaux visant à réduire la puissance du continent africain en limitant sa population. Le thème de la surpopulation est donc devenu nauséabond et raciste et c’est pourquoi plus personne n’en parle au nom du politiquement correct (2).

En dépit de cette démographie délirante, les immenses potentialités de l’Afrique, si elles étaient bien gérées, pourraient nourrir sa population. La hausse des prix des matières premières agricoles devrait d’ailleurs favoriser l’augmentation de la production en offrant des prix plus attractifs aux petits paysans africains (3). Malheureusement, les gouvernements locaux dilapident les ressources nécessaires à l’achat de semences, d’engrais et d’outils et découragent les paysans en refusant de leur donner les titres de propriétés des terres qu’ils cultivent. De plus, en Rhodésie comme en Afrique du sud, tout est fait pour chasser les fermiers blancs qui assuraient l’essentiel de la production moderne.

Les potentats locaux et les intellectuels qui les représentent sur nos plateaux de télévision se moquent comme d’une guigne de la misère de l’Afrique. L’aide internationale qui sera collectée n’ira pas à Dakar ou à Nairobi. Elle prendra la direction du lac Léman. Ce n’est pas nouveau. Cela dure depuis l’indépendance. Les africains portent donc l’entière responsabilité des maux qui les affligent. Ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes.

Gérard Pince

1- Chiffres des Nations unies : http://www.un.org/esa/population/unpop.htm Pour prendre une vue globale des problèmes démographiques, se reporter à : http://www.freeworldacademy.com/globalleader/population.htm
2-Il est tellement plus commode d’invoquer les responsabilités des blancs. Il est vrai que la colonisation a favorisé la croissance de la population en réduisant la mortalité infantile grâce à des campagnes massives de vaccinations obligatoires et gratuites.
3- Cette situation devrait aussi mettre un terme à la complainte de la “baisse tendancielle du prix des matières premières” sujet favori des thèses soutenues par les étudiants africains de passage au quartier latin.