mercredi 7 mai 2008

De la crise financière à l’inflation.

La crise financière n’est pas terminée mais le risque de faillite systémique semble désormais conjuré puisque les Banques Centrales se sont engagées à fournir toutes les liquidités nécessaires aux établissements de crédit en difficulté (1). Par ailleurs, la contagion de la crise à l’économie réelle reste pour le moment limitée. Certes, les restrictions de crédit ralentissent l’activité économique mais la récession n’est toujours pas au rendez vous puisque le taux de croissance de l’économie américaine s’est avéré positif au premier trimestre 2008 (2).

Ces résultats ont été acquis au prix d’une injection monétaire, massive et permanente, qui débouche à présent sur l’inflation. Depuis la Rome antique, les états ont toujours recouru à ce moyen pour réduire leurs dettes. Dans le cas de la France, l’Etat pourra ainsi différer la réforme des comptes sociaux et l’assainissement des dépenses publiques. Les retraites seront payées en monnaie de singe: Avec un taux d’inflation de 6% par an le pouvoir d’achat d’une pension sera diminué de moitié en moins de 12 ans (3).

Ces tendances inflationnistes risquent de perdurer sur le long terme dans la mesure ou elles se conjuguent à une crise de sous production mondiale sur laquelle nous reviendrons prochainement.

Gérard Pince

1- Certains s’imaginent naïvement que les banques centrales ne pourront pas maintenir un tel soutien en raison de l’épuisement de leurs « réserves ». En réalité, les réserves sont aussi illimitées que le papier qui sert à fabriquer les billets de banque!
2- Rappelons qu’une récession correspond à deux trimestres consécutifs enregistrant un taux de croissance négatif.
3- Le rendement des placements non risqués (assurance vie et sicav en euros) ne protège pas d’une telle dégradation et les épargnants ont désormais intérêt à privilégier les actifs qui augmentent au même rythme que la hausse des prix.