vendredi 11 septembre 2009

Conseils aux retraités.

Dans la foulée du plan Harpagon, je souhaite actualiser un certain nombre de conseils destinés à mes amis retraités en tenant compte de l’évolution économique récente (1)

Commençons par la taxe carbone. Tout a été dit sur ce sujet. Il est évident que la réduction de notre consommation d’essence ne compensera pas les centaines d’usines polluantes de la Chine et de l’Inde. Le fait que de nombreux français veuillent ainsi « sauver la planète » montre que la bêtise humaine reste une ressource inépuisable. En revanche, on aurait pu imaginer une taxe carbone aux frontières de l’Union européenne pour protéger nos industries et nos emplois mais les pays nordiques s’opposent à cette idée qui pourrait pénaliser nos chérubins du tiers monde.

Comment se protéger de cette usine à gaz ? En premier lieu, roulez lentement pour consommer moins d’essence et conserver vos points. Par exemple, je respecte scrupuleusement les limitations de vitesse. Je ralentis sur les tronçons où il est interdit de doubler. J’accélère ensuite et j’adresse un salut amical aux gendarmes lorsqu’ils arrêtent des agités ! Pour économisez le chauffage, habillez vous avec de gros peignoirs en laine des Pyrénées et cuisinez au feu de bois à partir des déchets verts qui sont gratuits. En procédant ainsi vous compenserez la taxe et bénéficierez de surcroît des réductions d’impôts prévus pour les ruraux. Je sais bien que les citadins ne peuvent pas appliquer ces parades. Ils rameront donc davantage mais ils en ont l’habitude.

Les milliards d’euros versés par les banques centrales et les plans de relance se traduisent pour le moment par une bulle boursière. Nul ne sait combien de temps elle va durer mais il serait dommage de ne pas en profiter. Sauf incident majeur, j’envisage à présent un CAC 40 à 4.500 à la fin du premier trimestre 2010. Compte tenu des incertitudes actuelles, il n’est pas question d’abandonner les placements sans risques (2) mais l’épargnant pourrait commencer à placer 5% de son patrimoine en actions afin de doper le rendement de ce dernier. Je privilégie les actions pétrolières et aurifères qui devraient croître à moyen terme en raison de la pénurie prévisible des matières premières. J’achète aussi Total Gabon qui distribue de jolis dividendes chaque année.

Si l’inflation devait se propager de la sphère boursière à l’économie réelle, il faudrait alors se débarrasser de tous les placements monétaires (assurance vie etc.) pour se repositionner sur les biens qui augmentent au même rythme que la hausse des prix (actions et immobilier). En effet, dès qu’un semblant de reprise sera installé, tous les gouvernements laisseront filer l’inflation pour résorber leurs déficits au détriment des retraités qui n’auront plus que les yeux pour pleurer. Nous n’en sommes pas encore là, puisqu’en dehors de la bourse, la déflation continue à prévaloir (3) mais vous pouvez compter sur moi pour émettre un bulletin d’alerte lorsque le moment sera venu.

Enfin, en cas d’hyper inflation incontrôlable, les gouvernements seront obligés de rétablir le rationnement et les tickets pour permettre aux « populations fragiles et défavorisées » de manger à leur faim. Commencez donc à prospecter des sources alternatives d’approvisionnement en prévision d’une économie où vous ne pourrez compter que sur vos semblables. Par exemple, j’achète de plus en plus mon alimentation à la ferme. Je paye en espèces: ni vu ni connu. Comme on disait du temps de l’occupation « c’est toujours ça que les boches n’auront pas ».

Gérard Pince

1-Se reporter à mon dernier post sur la rentrée économique
2- D’autant plus que l’euro se renforce. Ayez une pensée émue pour les sots qui réclament un retour au franc !
3- C’est le cas de l’immobilier qui commence à baisser.