lundi 7 septembre 2009

La rentrée économique


En prélude au G20, le FMI et l’OCDE confirment que l’économie se stabilise et que la reprise pourrait survenir prochainement. En revanche, comme le chômage devrait continuer à croître, ces institutions recommandent la poursuite des politiques monétaires et fiscales expansionnistes et considèrent qu’il est encore trop tôt pour adopter des mesures visant à résorber les déficits publics. Ce constat, qui sera sûrement avalisé par le G20, appelle les commentaires suivants.

Il est exact que le point le plus bas de la crise semble passé. L’OCDE prévoit désormais une baisse du PIB moins importante que celle qui avait été annoncée en juin 2009 (par exemple -2,1% au lieu de -3% pour la France et – 4,8% au lieu de – 6,1% pour l’Allemagne). En revanche les grands indicateurs restent contrastés. En particulier, le Baltic dry index qui était remonté à 3.700 en Juin est retombé à 2.415 début septembre. Il ne faut donc pas verser dans l’optimisme en se fiant au seul rebond des marchés boursiers (1).

Au fond qu’a-t-on fait jusqu’à présent ? On a financé les banques pour sauver les déposants, mais les banquiers ont confondu ces aides avec des jetons de casino en jouant en bourse au lieu de prêter aux entreprises pour investir. Dans le même temps, on a remplacé l’endettement privé des ménages par de l’endettement public avec des primes à la casse et des réductions d’impôts afin d’empêcher un effondrement de la consommation. Ces deux démarches (baisse de la capacité de production et soutien à la consommation) devraient déjà se traduire par une forte inflation. Elle ne s’est pas encore produite parce que la peur du chômage incite les gens à épargner et réduit d’autant les risques d’une demande excessive.

Dans ce contexte, si les gouvernements commençaient à rétablir leurs finances publiques, la consommation pourrait s’affaiblir davantage, tuant dans l’œuf les maigres espoirs de reprise. Mais à l’inverse, la poursuite des politiques actuelles semble insoutenable. Certes, les gouvernements comptent sur une bonne dose d’inflation pour résorber leurs déficits mais s’ils devaient continuer à s’endetter en 2010 au même rythme qu’en 2009, nous pourrions déboucher sur un chaos monétaire et une crise encore plus grave que celle que nous traversons.

Les pouvoirs publics, le FMI, et l’OCDE se trouvent confrontés à ces deux écueils parce qu’ils refusent de prendre en compte la véritable nature de la crise : Une économie mondiale qui pénalise les classes moyennes européenne et américaine au profit des multinationales, de la finance mondialisée, et des potentats du tiers monde, n’est tout simplement plus viable. Au lieu d’adopter des mesures radicales (2), les gouvernements se contentent de bricolages. La taxe carbone est à cet égard exemplaire: on construit un nouvel étage pour s’apercevoir ensuite que les fondations ne sont pas assez solides pour le supporter. Bien que la France ne soit pas la plus mal placée face à la crise actuelle, de tels errements illustrent bien l’insuffisance des analyses et des réflexions au niveau de la classe dirigeante. Quand reviendra–t-on à un minimum de professionnalisme ?

Gérard Pince

1- Sites du FMI, et de l’OCDE : cliquez sur : http://www.imf.org/external/index.htm - http://www.oecd.org/home/0,3305,en_2649_201185_1_1_1_1_1,00.html
2-http://www.freeworldacademy.com/globalleader/depression.htm et http://www.freeworldacademy.com/bref.htm