mercredi 12 mai 2010

Fin de l’alerte

Suite aux mesures prises, l’alerte est levée, au moins pour le moment. Les rentiers et les épargnants qui ont leurs économies dans les banques peuvent de nouveau dormir tranquillement.

1- Oubliez les 750 milliards de garanties données par des états qui sont eux-mêmes insolvables. La véritable révolution concerne le rôle de la banque centrale européenne. Dorénavant, les banques pourront lui présenter des obligations publiques pour se refinancer. Cela signifie que le risque d’insolvabilité d’une banque, suite à des impayés étatiques, est désormais improbable. Le risque d’une faillite d’un état est aussi écarté puisque ses dettes seront financées en dernier ressort par la banque centrale et non plus par les marchés. Il s’agit d’une révolution parce que jusqu'à présent, la BCE refusait de financer la dette des états (alors que la réserve fédérale US et la banque d’Angleterre rachètent déjà les dettes de leurs états respectifs). L’anomalie que représentait sur ce point le fonctionnement de la zone euro est donc réparée.

2-Mais d’où la banque centrale tire-t-elle ses liquidités sans limites ? C’est bien simple : elle les fabrique. Lorsque qu’une banque présente une créance saine à la banque centrale, cette dernière fabrique de la monnaie pour suivre la croissance de l’activité économique. A présent, les banques vont présenter des créances sans valeur mais la monnaie restera fabriquée dans les mêmes conditions (ouverture de ligne de crédit et planche à billets). Comme cette monnaie n’aura plus de contreparties économiques réelles (c’est en fait de la cavalerie), son excès devrait entraîner une inflation générale comme au temps de la république de Weimar (d’où les réticences allemandes). Toutefois, en l’absence de reprise réelle, les pressions déflationnistes devraient jouer un rôle compensateur d’autant plus qu’elles seront renforcées par les plans de rigueurs qui vont frapper les entreprises et les salariés. L’hyper inflation n’est donc pas pour demain.

3- Cela étant, la situation économique en Europe s’avère conforme à nos prévisions initiales (http://www.freeworldacademy.com/globalleader/depression.htm). A défaut de mesures radicales (refouler l’invasion qui ruine les finances publiques, rétablir une protection communautaire au niveau de l’Europe, lancer de grands investissements), la génération active (entrepreneurs et cadres) ira de galères en galères.

Gérard Pince