mercredi 25 juillet 2012

Questions pour un Président.



Quelles sont les limites de la liberté d’expression ? Qui la règlemente ? Les lois, nous dira-t-on ! Hélas ! Elles s’avèrent confuses et se prêtent à toutes les interprétations, ouvrant ainsi la voie à l’arbitraire.

Par exemple, certains mots usuels de notre langue sont désormais interdits. L’Académie française peut-elle en dresser la liste ? Par quelles périphrases doit-on les remplacer ?

Le président vient d’établir une distinction entre l’opinion et l’abjection. Comment délimiter cette dernière ? Autrefois, elle englobait les critiques à l’égard de la religion et du monarque. Qu’en est-il aujourd’hui ? Quels sont les cultes ou les pouvoirs explicitement protégés ?

Il faut proscrire les discours haineux mais on peut impunément traiter de salauds les patrons, les bourgeois, les sous-chiens et les coloniaux ! Comment s’y retrouver ?

Dans un souci de transparence, ne serait-il donc pas plus simple d’instaurer un haut commissariat à la liberté d’expression ? Les auteurs et les journalistes viendraient lui soumettre leurs manuscrits pour obtenir son imprimatur. Ce système serait moins pervers que celui qui consiste à laisser les intellectuels publier pour mieux les éreinter ensuite sous le poids des procédures judiciaires et des peines infamantes.

Question subsidiaire : existe-t-il une liste noire de toutes les personnes qu’il convient d’ostraciser ? Est-elle diffusée à des correspondants dans toutes les maisons d’édition et les organes de presse ? Qui la tient à jour ? Ne s’agirait-il pas d’une puissante association antiraciste se comportant comme un satellite de l’état ? Sommes-nous à la veille d’une nouvelle affaire des fiches ?

Ce sont quelques-unes des questions qu’il va falloir poser au président Hollande dès la rentrée. Rejoignez sans tarder le « Comité des intellectuels pour la libre expression » sur Facebook.

Gérard Pince