lundi 30 juillet 2007

Adieu l’Afrique !

Au cours de son voyage en Afrique, Nicolas Sarkozy a critiqué la colonisation en rappelant toutefois qu’elle avait aussi construit des ports, des routes, des ponts, des hôpitaux etc. Il a aussi souligné qu’elle n’était pas responsable des guerres, des dictatures et de la prévarication qui ravagent ce continent. En réalité, nous n’avons pas à rougir de la colonisation. Elle a délivré l’Afrique de bien des maux à commencer par l’esclavage et les maladies endémiques. Elle a aussi établi un espace de paix et de sécurité qui fait aujourd’hui cruellement défaut. Enfin, contrairement aux idées reçues, les investissements dans les infrastructures et les subventions aux productions agricoles des colonies ont coûté plus cher que ce que les colonies ont rapporté à la métropole. Jacques Marseille chiffre à 70 milliards de Francs Or (courant 1913) le déficit global de la colonisation en Afrique, soit l'équivalent de trois fois le montant de l'aide Marshall pour la France (1)

L’accueil plutôt frais réservé au discours de Sarkozy illustre l’évolution des mentalités. Au lendemain des indépendances, les africains, dans leur grande majorité, reconnaissaient les apports de la colonisation. J’entend encore le vice président sénégalais de la Chambre de commerce de Thiès me dire « Voyez vous cher ami, le Sénégal a connu deux grands malheurs: le premier, c’est l’indépendance et le second, le socialisme ! ». A présent, les nouvelles générations qui n’ont pas connu la colonisation, prennent pour argent comptant les mensonges de nos gauchistes. Le discours sur la repentance suscite ainsi un racisme anti blanc qui se diffuse sur tout le continent.

Autant il était difficile de rompre avec les africains lorsqu’ils nous assaillaient de leurs démonstrations d’amitié, autant il devient urgent de le faire dès lors qu’ils nous rejettent. Il faut donc engager une rupture allant beaucoup plus loin que les ajustements envisagés par notre Président

En premier lieu, il convient d’en finir avec toutes les ingérences. A cet égard, les projets d’intervention au Darfour appellent de sérieuses réserves. On ne peut pas rester sans rien faire, nous dit on. Certes, mais il vaut mieux ne rien faire que mal faire. Une intervention française serait interprétée comme un soutien au régime du Tchad menacé par des rebelles qui trouvent refuge au Darfour. On mesure donc le risque d’un engrenage identique à celui du Rwanda. Par ailleurs, le Darfour n'est pas un cas isolé. Au Congo et ailleurs, les guerres tribales ont aussi entraîné des millions de morts depuis que les africains sont livrés à eux mêmes. Pour rétablir la paix dans ces régions, il faudrait en fait les recoloniser. Ce n’est pas dans l’air du temps d’autant plus que l’Occident vient déjà de recoloniser les Balkans, l’Irak et l’Afghanistan avec des résultats pour le moins mitigés ! Dans ce contexte, la présence de nos troupes (plus de 10.000 hommes) ne se justifie plus. Nous n’avons pas à protéger des dictateurs et la sécurité de nos ressortissants revêt moins d’acuité puisque la majorité d’entre eux est déjà partie.

En second lieu, il faut clore le chapitre de la coopération. Pour le meilleur, cette politique a permis de réparer ou de moderniser les infrastructures héritées de la colonisation. En effet, en dehors des routes bitumées financées par l’Europe, des stades construits par les chinois et des palais présidentiels, les pouvoirs africains n’ont rien ajouté à ce que nous leur avions laissé. Pour le pire, elle a aussi enrichi sans causes tous les fripons de la francafrique. Charité bien ordonnée commence par soi-même. Au vu de la situation calamiteuse de nos finances publiques, il n’est plus possible de semer à tous vents. Nos relations doivent désormais s’établir sur une base strictement commerciale comme avec les autres pays du monde. Les fripons vont protester en invoquant le péril jaune mais si les chinois veulent dépenser leur argent en pure perte, c’est somme toute leur affaire et comme les autres, ils s’y casseront les dents.

Il faut surtout réduire le nombre de visas au strict minimum en faisant en sorte que les demandes soient adressées par courrier en France et non auprès de consulats débordés ou assaillis. Les ONG « caritatives » prétendent que l’immigration africaine serait, en quelque sorte, un juste châtiment des péchés que nous aurions commis pendant la colonisation. Répondons à ce discours obscurantiste et imbécile par une fermeture totale et par l’arrêt de toutes subventions aux organisations qui bafouent les lois françaises relatives à l’entrée et au séjour des étrangers. N’oublions jamais que la bataille pour le contrôle de l’immigration concerne autant le territoire national que la surveillance des frontières (2)

Enfin, qu’on en finisse aussi avec le thème de « l’indispensable Afrique »! En dépit de la hausse des prix du pétrole et des matières premières, et sans tenir compte de l’Afrique du sud dont l’économie a été conçue par les européens, l’Afrique a un PIB de 331 milliards de dollars soit 0,7% du PIB mondial, pour 700 millions d’habitants (12% de la population mondiale). Si l’Afrique noire disparaissait, l’économie mondiale ne s’en apercevrait pas! Bien loin d’être indispensable, l’Afrique représente donc un fardeau qui s’alourdira sans cesse en raison de la disproportion entre ses populations croissantes et ses richesses galvaudées (3).

Les révolutionnaires bleus peuvent s’inspirer de ces faits et propositions pour alimenter le débat et peser sur la politique française. L’Afrique n’a pas d’avenir. Ne nous laissons pas entraîner dans ce gouffre et incitons plutôt nos entreprises et nos talents à se tourner vers l’Asie. Adieu l’Afrique et cette fois ci pour de bon !

Gérard Pince

(1) Thèse de doctorat du professeur Jacques Marseille, "Empire colonial et capitalisme français, histoire d'un divorce", 1984).
(2) Les mafias vicieuses font entrer les étrangers en France et les mafias vertueuses, soutenues notamment par les églises, les aident à s’y maintenir illégalement.
(3) Statistiques Banque mondiale pour 2005. A l’évidence, la part de l’Afrique dans la richesse mondiale était plus importante au moment des indépendances. Ceux qui souhaitent approfondir leurs connaissances sur ce dossier, peuvent se reporter à
www.freeworldacademy.com/globalleader/africa.htm

samedi 28 juillet 2007

Globalisation et croissance.

La « globalisation » se traduit en français par le mot « mondialisation » qui exprime l’extension géographique d’un système ou d’un pouvoir à l’échelle de la planète. Il évoque aussi le mondialisme, c'est-à-dire l’unité politique de la communauté humaine. En ce sens, on a pu dire qu’il y’avait déjà eu par le passé d’autres mondialisations (les empires romain et britannique par exemple). En réalité, la globalisation implique aussi une dimension temporelle qui correspond à une accélération des évènements, notamment dans le domaine des échanges et des techniques. Il s’agit donc d’un changement majeur (shift en anglais) et même d’une rupture. En bref, l’humanité est en train de changer plus radicalement qu’au cours des 5000 ans qui nous ont précédé (1). Regardez la vidéo suivante : elle résume bien ce que signifie le terme globalisation.




Les effets économiques de la globalisation s’avèrent, au moins pour le moment, très positifs. Le monde connaît une croissance régulière (un taux de croissance moyen de 3% par an au cours des 5 dernières années). Des pays comme l’Inde (6,8%) et surtout la Chine (9,4%) enregistrent des résultats spectaculaires entraînant l’apparition d’une immense classe moyenne (400 millions de personnes) et donc de nouveaux marchés pour nos économies développées. Il ne s’agit pas d’un transfert de la richesse des pays riches vers les pauvres comme le répètent trop de français mal informés. Les pays riches maintiennent, en effet, des taux de croissance convenables (3,2% pour l’Australie, 2,8 pour les USA, 2,4 pour le Royaume Uni) et les pays de l’Est, qui connaissent des taux identiques à ceux de l’Asie, rattrapent le reste de l’Europe à toute vitesse. Sans la globalisation, la croissance des pays riches aurait diminué faute de débouchés suffisants. L’expansion de la Chine profite certes aux chinois. Elle profite aussi aux économies occidentales (2).

Nos intellectuels nous annoncent, avec une mine grave, que la globalisation creuserait les inégalités. Par exemple, en 2001, l’écart entre le PIB par habitant en Chine (1000$) et celui des USA (34.800$) s’élevait à 33.800$. En 2006, en dépit du doublement du PIB par chinois, l’écart atteint 43.000$. En réalité, cette augmentation résulte uniquement des lois afférentes aux intérêts composés. Au début, l’écart s’accroît puis il commence à se réduire à partir de l’année ou le produit des intérêts du PIB le plus faible devient supérieur à celui du plus fort. Cette loi s’applique aussi en interne au niveau de chaque pays. C’est pourquoi tout ce discours sur les inégalités croissantes, répété à satiété par nos « enseignants », n’est qu’un nouveau témoignage de leur ignorance crasse. Pour éliminer l’aggravation de l’écart dans les premières années, il faudrait que les pays riches enregistrent des taux de croissance nuls ou négatifs. C’est à quoi s’emploient les écologistes (en fait, des communistes recyclés) avec leurs bobards climatiques.

La globalisation induit aussi des effets néfastes. Pour une fois, ne parlons pas de l’islamisme puisqu’il représente une réaction violente et obscurantiste à l’encontre des valeurs portées par la globalisation (esprit des lumières, science, liberté etc.). En revanche, les migrations, considérées à tort comme le troisième pilier de la globalisation, ont bien un effet pervers. En 2006, elles concernaient 190 millions de personnes. Si ce nombre correspondait à une nation, celle-ci se situerait au cinquième rang dans le monde par la taille de sa population. On assiste ainsi à la tiers mondisation des pays du nord. Par exemple, des quartiers de Los Angeles se transforment en quasi bidonvilles tandis que les familles aisées en sont réduites à se barricader dans des cités gardées par des vigiles.

Par ailleurs, les activités criminelles (drogue, prostitution, contrefaçons) connaissent aussi un essor sans précédent avec un chiffre d’affaires évalué à 1200 milliards$ en 2004. Si toutes les mafias se regroupaient dans un seul pays, le PIB de ce dernier représenterait la huitième puissance économique mondiale. A ces activités, il faudrait ajouter la corruption (700 milliards$) et cette situation malsaine explique pourquoi on voit autant de parvenus étaler leurs richesses (3). Enfin, sur le plan moral, l’économie et l’argent sont devenus les uniques motivations des nations et des individus au détriment de valeurs comme l’honneur, la dignité, la décence. Le dernier marchandage libyen illustre ce changement profond de paradigmes. Beaucoup d’entre nous éprouvent l’impression de faire partie d’une espèce en voie de disparition et de ne plus avoir leur place dans cette nouvelle humanité.

Et la France dans tout cela? Livrons ici quelques indicateurs qui indiquent une pente fatale. Au cours des cinq dernières années (2001-2005) le taux de croissance de la France s’est élevé à 1,4% en moyenne. A ce rythme, un français disposant de 100 aujourd’hui obtiendra 200 en 2057 tandis qu’un australien (3,2% de taux de croissance) aura 400 en 2051. Autre indicateur: un rentier qui place 100 à 4,5% (soit 2,5 net inflation déduite) aura 200 en 2035. Dernier indicateur: par comparaison avec le taux de croissance du PIB (1,4%), celui des prestations sociales s’est établi à 2,1% pendant la même période! Conclusion : dans la France contemporaine, il vaut mieux s’expatrier en Australie ou devenir rentier. Vivre de son activité représente le choix perdant (4).

Ces quelques indicateurs illustrent une sinistre réalité. Nos malheureux compatriotes sont enfermés dans une fabrique à crétins. N’écoutez pas le discours dominant qui prétend qu’on peut sauver l’exception française (Etat providence, rôle des « intellectuels », fabrique à fainéants et à sauvageons). Cette exception est un cadavre qu’on aurait du enterrer depuis longtemps. N’écoutez pas non plus ceux qui recommandent de rétablir les frontières économiques et le Franc. Une telle politique se traduirait par une baisse de 25% du PIB, par des millions de chômeurs supplémentaires et par la disparition de vos économies puisque le franc ainsi restauré ne serait qu’une monnaie de singe. En revanche, suivez les sages propositions de la Révolution bleue (www.freeworldacademy.com/bleue.htm). Ce ne sera pas facile mais nous n’avons pas d’autres choix que de nous adapter ou disparaître.

Gérard Pince

(1) Le contresens induit par le mot mondialisation conduit nos compatriotes à ne rien comprendre à ce qui est en train de se passer. Pour l’extrême gauche, il s’agit d’un processus impérial et capitaliste (la mondialisation capitaliste). De son coté, l’extrême droite dénonce un complot ourdi par la « finance apatride » et qui n’existe évidemment que dans l’imaginaire.

(2) Tous les taux de croissance cités proviennent de la Banque mondiale :
http://ddp-ext.worldbank.org/ext/DDPQQ/member.do?method=getMembers&userid=1&queryId=135

(3) L’argent facile s’investit aussi dans la spéculation sur les produits dérivés (1600 milliards $).Ces sommes énormes pourraient devenir du jour au lendemain des créances irrécouvrables au niveau des banques provoquant ainsi une crise analogue à celle qui fut à l’origine de la grande dépression. Il n’est pas certain que le FMI et le trésor américain (la planche à billets) qui forment l’ultime recours du système financier en cas de crise, puissent faire face à un choc de cette ampleur.

(4) Les rentiers (13 millions de retraités, 2 millions d’allocataires du chômage et 1,5 million de rmistes soit au total 16,5 millions de personnes) sont déjà plus nombreux que les salariés du secteur privé (16,2 millions)

jeudi 26 juillet 2007

Les freins à la croissance

En Octobre 2004, Michel Camdessus, ancien directeur général du FMI, remit à Nicolas Sarkozy, Ministre des finances, un rapport sur la croissance. Ce document insistait sur le décrochage de la France imputé au faible nombre d’heures travaillées. Nicolas Sarkozy s’en est d’ailleurs inspiré avec son slogan favori : Travailler plus pour gagner plus (1).

A présent, notre Premier Ministre vient de confier à jacques Attali la présidence d’une nouvelle commission qui va étudier le même sujet. Attali qui fut pendant 20 ans le conseiller du pouvoir socialiste, avec les succès qu’on sait en matière de croissance, est évidemment compétent. Il suffisait d’y penser: pour éteindre un incendie, faites appel au pyromane!

Jacques Attali devrait embaucher Guy Sorman. Cet Himalaya de la pensée libérale française connaît en effet la solution. Citons un extrait de son article du figaro du 25 juillet « l’islam n’empêche pas le développement économique, on peut même envisager qu’il le favorise…le Coran est le seul livre sacré au fondement d’une religion qui encense la richesse ici bas au contraire des évangiles ou du bouddhisme qui préfèrent la pauvreté. Mahomet est le seul prophète qui fut entreprenant et marié à une négociante »

J’ignore à quelles entreprises Sorman fait allusion. Toutefois la conclusion saute aux yeux: devenons tous musulmans et les freins à la croissance seront levés !

Plus sérieusement, ces commissions confondent les causes et les effets. Par exemple, le déficit de travail invoqué par le rapport Camdessus est un effet et non une cause. Les PME ne peuvent ni recruter, ni garder leur seniors, ni donner des heures supplémentaires à leurs salariés parce qu’elles n’ont pas assez de commandes. Elles n’ont pas de commandes parce que leurs prix sont trop élevés sur le marché mondial. Si leurs prix sont trop élevés, c’est parce que leurs coûts sont grevés par les charges exorbitantes de l’état providence à la française. Réduisez massivement ces dépenses, supprimez les fabriques à crétins et à fainéants et tous les freins à la croissance disparaîtront. En bref, tout rapport sincère devrait débuter par la phrase suivante : l’état providence à la française n’est plus compatible avec la mondialisation.

La France stagne parce qu’elle est restée un pays étatiste. Alors que la croissance mondiale atteint 5%, la France se traîne à 2%. Cela signifie qu’en cas de ralentissement mondial notre taux deviendrait nul, sinon négatif. Conseillons donc à monsieur Attali de se reporter aux propositions synthétiques de la Révolution bleue (www.freeworldacademy.com/bref.htm). Elles seules seraient de nature à relancer notre économie. Il peut tout recopier et nous ne lui demanderons pas de droits d’auteur.

Gérard Pince

(1) Vous pouvez consulter ce rapport sur le site : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/044000498/index.shtml

(2) Pour étayer sa thèse, Sorman s’appuie sur les taux de croissance des pays musulmans en s’efforçant de minorer le rôle du pétrole. En fait, le baril est passé de 10$ en 1998 à 76$ aujourd’hui (soit une multiplication par 8). Presque tous les pays musulmans exportent du pétrole ou en profitent par le biais des oléoducs. Les autres bénéficient de la hausse des matières premières (minerais, produits agricoles etc.). Par conséquent, rien n’indique que cette croissance sera durable et surtout rien ne prouve qu’elle soit liée à l’islam (des pays non islamiques enregistrent des taux deux fois supérieurs:12% pour la chine). En revanche, il est exact que le succès relatif de l’économie turque tient à l’acceptation des réformes du FMI.

mardi 24 juillet 2007

Turquie : l’heure de vérité

Au départ, les partisans de l’entrée de la Turquie en Europe nous expliquaient que cette nation laïque (1) mais de tradition musulmane pourrait représenter un pont entre l’occident et l’islam afin de conjurer le choc des civilisations. Cet argument ne correspondait déjà plus à la réalité sociale du pays. Nous savions en effet que l’islamisme venu des provinces arriérées d’Anatolie submergeait peu à peu le vieux fond kémaliste tout comme il avait déjà englouti les anciennes élites du levant (2). L’arrivée du parti islamiste au pouvoir ne faisait que vérifier cette analyse.

Les bien pensants nous ont aussitôt assuré qu’il s’agissait d’islamistes modérés. C’est à partir d’ici qu’on commence à déraper. Des islamistes modérés ? Ils ont essayé d’imposer une loi criminalisant l’adultère, ils s’efforcent d’autoriser le voile à l’université, ils instrumentalisent les manuels scolaires pour les faire concorder avec les élucubrations du Coran ! Ces dérives ont légitimement inquiété l’armée garante de l’occidentalisation du pays et de son élite instruite et laïque. C’est d’ailleurs sur cette élite et son armée que l’occident s’est appuyé pendant 40 ans pour protéger le flanc sud de l’alliance atlantique contre l’expansionnisme soviétique.

Mais c’était sans compter sur le crétinisme de la Commission européenne. Elle s’est employée à saper le rôle de l’armée et à encourager les manœuvres souterraines des islamistes en arguant que ces derniers étaient de bons démocrates tandis que les laïques n’étaient que d’affreux fascistes ! Les avertissements de l’élite turque n’ont pourtant pas manqué. Tous nous ont répété que ce parti soit disant modéré obéissait à un agenda islamique pur et dur, comme en Iran, et que la subversion de la Turquie représenterait, compte tenu du poids de ce pays, une menace mortelle pour l’Europe. Le politburo de Bruxelles n’en a eu cure et a fait ouvertement campagne pour la victoire des islamistes aux élections.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, les intellectuels et les médias français se sont appuyés sur le racisme antiblanc pour justifier ce choix. Figurez vous que les turcs laïques et notamment les femmes qui veulent préserver leur liberté seraient non seulement des bourgeois (et par conséquent des salauds) mais surtout des « turcs blancs » (3). Imaginez que des africains veuillent s’émanciper de l’islam : on les accuserait aussitôt d’être des « noir blancs ». A ce stade, il ne s’agit plus d’un dérapage. On quitte le domaine de l’idéologie. On entre dans celui de la psychiatrie lourde ! (4)

A présent, les islamistes viennent de remporter les élections à la majorité absolue. Il ne reste que deux espoirs pour éviter une catastrophe géopolitique sans précédents. En premier lieu, j’espère que les militaires sortiront des casernes et renverront les barbus et les voilées dans leurs cavernes à superstitions. Ce ne serait pas très démocratique mais nécessité fait loi en la matière (5). En second lieu, il reste le veto promis par Sarkozy mais il risque d’être reporté aux calendes grecques.

Il faut donc placer notre Président devant ses responsabilités. Il convient de lui rappeler que lors du référendum gagné de Maastricht, l’opposition ne regroupait que l’extrême gauche, les lepénistes et un courant souverainiste. Si celui de 2005 a été perdu, c’est parce que des européens de conviction ont rejoint le camp du Non pour faire barrage à la Turquie. Dans ce contexte, présenter au Parlement le traité simplifié sans régler la question turque, c’est s’exposer à une mobilisation populaire en faveur d’un nouveau référendum qui se soldera par un vote négatif.

Puisse Nicolas Sarkozy entendre les révolutionnaires bleus! Après tout, l’idéal européen vaut bien l’abandon de quelques sourates!

Gérard Pince

(1)Jusqu’à présent le port du voile à l’université est interdit en Turquie alors qu’il est autorisé en France
(2) j’ai été plusieurs fois en Turquie avec des yeux pour observer et des oreilles pour entendre comme le recommandait le regretté Pierre Lazareff, ancien patron de France Soir.
(3) Se reporter à l’article du Monde daté du 21 Juillet.
(4) Plus sérieusement, cela illustre la connivence croissante entre gauchisme, islamisme et racisme anti blanc. La haine sociale et religieuse se double d’une haine raciale annonciatrice d’intentions génocidaires.
(5) Deux fous, Hitler et le mollah de Téhéran sont bien arrivés au pouvoir grâce au suffrage universel.

jeudi 19 juillet 2007

L’irrésistible fragilité du Pouvoir.

La France connaissait une situation prérévolutionnaire avant les élections présidentielles (Abstentionnisme record, résultats de 2002, référendum manqué, émeutes de Novembre 2005, déliquescence du pouvoir chiraquien). Toute l’astuce de Nicolas Sarkozy a consisté à récupérer le discours des exaspérés au point qu’on a pu se demander s’il n’était pas devenu porte parole de la révolution bleue !

Parvenu au pouvoir grâce au renfort de 5 millions « d’électeurs bleus », le nouveau Président a aussitôt adopté un style bonapartiste, ce qui s’est traduit, au moins jusqu’à présent, par une forte adhésion populaire. L’ouverture s’inscrit dans ce registre: dans le cas de Napoléon, il fallait réconcilier les modérés et les conventionnels pour consolider les acquis de la révolution. De son coté, le second empire s’est efforcé de rassembler les orléanistes et les républicains afin d’unifier les classes dirigeantes face aux changements induits par l’industrialisation. Aujourd’hui, Sarkozy veut supprimer les conflits internes à l’aristocratie (UMP/PS) pour en finir avec la situation prérévolutionnaire antérieure et affronter les défis de la mondialisation (1)

Toutefois, les régimes précédents ont rassemblé sur des réformes fondamentales. L’héritage de Napoléon 1 est trop connu pour qu’on y revienne. Celui de Napoléon 3, le mal aimé de notre histoire, est loin d’être négligeable puisqu’il fut l’instigateur de la modernisation économique et sociale de la France. Ces régimes ont pris les problèmes à bras le corps et ont trouvé des réponses adaptées à leur temps. En revanche, le rassemblement de Sarkozy se construit sur des réformes limitées en faveur de ceux qui n’en avaient pas vraiment besoin. Ce vide est compensé par une médiatisation qui nous renvoie plus à la Rome décadente (des pains et des jeux) qu’au bonapartisme sobre et austère à l’image de la fameuse redingote.

Ce rassemblement factice et ces réformes en trompe l’œil vont très vite placer le pouvoir dans une situation d’extrême fragilité. Tout d’abord, le style de gouvernance bonapartiste est par essence vulnérable. Pour rompre les pesanteurs sociales, il faut s’exposer en première ligne, éliminer les corps intermédiaires, et rechercher constamment l’approbation d’une opinion versatile. Au vu de ce constat, tous les experts lucides se posent la même question: en cas de désordre majeur, sur qui pourra s’appuyer notre Président? Son gouvernement ? C’est sans doute le plus faible et le plus hétéroclite de toute la cinquième république. Son assemblée, son Parti ? Ce sont des supporters passifs conviés pour faire la claque et qui se débanderont à la première difficulté. En l’absence de fusible, le moindre revers risque donc d’emporter le régime (2).

On se rassure à bon compte en croyant que l’opposition se limite aux caciques socialistes modérés. En réalité, les forces subversives qui taraudent la cinquième république, et qui ont bien failli l’emporter en 68, sont toujours aussi actives: l’extrême gauche, la CGT, les syndicats, les journalistes, les intellectuels et surtout les gros bataillons de l’éducation nationale. A cela s’ajoute le renfort des banlieues chauffées par l’islamisme et le racisme anti blanc. Je vous laisse le soin d’imaginer la puissance que représente un tel ensemble en terme de propagande et d’agitation.

On nous objectera que Sarkozy bénéficie d’une large légitimité du suffrage universel. Hélas, cette dernière n’a jamais été un rempart face aux factieux qui ne respectent que la force. Jugez en plutôt: en 1848 l’assemblée constituante est élue au suffrage universel avec une majorité modérée. Quelques mois plus tard, suite à la dissolution des ateliers nationaux, les faubourgs tentent de la renverser par la force. Même scénario en 1871: une assemblée modérée élue au suffrage universel se heurte aussitôt à l’insurrection des communards. Dans les deux cas, la légitimité du suffrage universel n’a nullement dissuadé la racaille. Le salut républicain est venu de la garde nationale, de l’armée loyale aux institutions et surtout de chefs résolus comme Cavaignac en 48 et Tiers en 71. Aujourd’hui, dans une société ou l’opinion diabolise la légitime défense, individuelle ou sociale, le régime est à la merci des factieux. De plus, comme il est dans la nature d’un Pouvoir faible de rechercher tous les moyens de s’affaiblir davantage, on évoque à présent la suppression de l’article 16 à l’occasion de la prochaine réforme constitutionnelle ! Quelle aubaine pour tous ceux qui rêvent de détruire notre société !

Face à cette situation, la Révolution bleue ne peut pas se limiter au rôle de Cassandre. En tant que force politique, nous devons formuler des propositions concrètes. La réforme constitutionnelle, qui n’intéresse guère les français mais qui est redoutable par ses implications, doit nous donner l’occasion d’engager le débat dans le pays et de rassembler tous ceux qui ne se résignent pas à la subversion et à la destruction de l’identité française.

Gérard Pince

(1) Alors que les Français et notamment les socialistes disent pire que pendre de la mondialisation, il est comique de constater que ce sont nos compatriotes proches des idées socialistes qui dirigent les grandes instances du nouvel ordre mondial: Pascal Lamy à l’OMC, Dominique Strauss khan demain au FMI, jean Paul Costa à la Cour européenne de justice. Je m’empresse d’ajouter que leurs sympathies politiques n’altèrent en rien leur dévouement. Nous sommes notamment redevables à jean Paul Costa d’avoir fait pencher la balance en faveur de l’interdiction du voile à l’école, à un moment ou les orléanistes emmenés par Madelin s’opposaient à cette réglementation dans le vain espoir de satisfaire « l’islam des lumières »
(2) En 1968, le Pouvoir a pu s’appuyer sur des structures qui existaient à la droite de l’UDR. Ce sont les Comités de défense de la république, et non les parlementaires apeurés, qui ont sauvé le régime en organisant la contre offensive.