jeudi 26 mars 2009

L’Ami du Peuple

L’histoire n’est pas une science et ne saurait prédire les évènements surtout dans un monde qui connaît de profonds bouleversements. Toutefois la psychologie des hommes face aux situations qu’ils affrontent représente une certaine constante. C’est ainsi que les privilégiés ont toujours tendance à ignorer que la banquise se fissure sous leurs pieds. Mieux encore, dès qu’ils entendent les craquements de la glace, ils trépignent encore plus pour en précipiter la rupture. A cet égard si la France devait sombrer dans la révolution sociale, les historiens du futur pourraient sans grand risque de se tromper, citer au nombre de ses causes, l’attitude provocatrice d’un certain nombre de patrons français.

Autrefois l’honnête bourgeoisie se méfiait de l’enrichissement rapide qui signalait en général un comportement délictueux. On privilégiait une gestion de “bon père de famille” fondée sur une croissance régulière de l’épargne et des profits. Aujourd’hui nos nouveaux managers souvent issus de l’énarchie et de mai 68, confondent allègrement les entreprises avec les bandits manchots et leurs jackpots. Certes, les sportifs de haut niveau et les acteurs touchent aussi des sommes faramineuses mais elles sont payées par les publicitaires et les consommateurs. En revanche, les bonus, stock options et autres parachutes dorés viennent en déduction des dividendes des actionnaires qui risquent leur argent et qui en ont déjà perdu beaucoup!

Il se trouve en ce moment des plumes mercenaires pour défendre ces excès en invoquant le risque de populisme ou de démagogie. A les en croire il y’aurait ainsi des idées toxiques. Nous savions déjà que l’immigration, la sécurité sociale, et le protectionnisme faisaient parti des tabous. Il faut y ajouter, à présent, la critique des bonus, des paradis fiscaux et de l’enrichissement sans cause! Tout comme les féodaux en 1788, notre nouvelle “haute noblesse” s’efforce de culpabiliser les vilains qui osent contester ses prébendes. Tout comme en 1788, elle multiplie les provocations qui attisent la colère populaire.

J’approuve donc le discours du Président de la République à Saint Quentin. Il rappelle opportunément que le capitalisme sans conscience ne peut conduire qu’au désordre généralisé. Le Figaro de ce jour nous rapporte ses derniers propos qui correspondent très exactement à nos dernières propositions : « je veux une liste de paradis fiscaux et je veux des sanctions… Je veux que les banques ne travaillent plus avec les îles Caïmans, Hong Kong et Macao ». Nicolas Sarkozy a bien raison de désamorcer une situation sociale explosive, en stigmatisant des privilèges insupportables. Si Louis Capet avait fait de même, il aurait sans doute sauvé son trône!

Il faut aussi frapper l’extrême gauche en se montrant impitoyable à l’égard des violences urbaines et de l’immigration illégale et ce d’autant plus que la coordination universitaire réclame la régularisation inconditionnelle de tous les sans papiers! Les islamo gauchistes espèrent en effet tirer les marrons du feu en canalisant à leur profit le mécontentement populaire. Pour déjouer les plans de ces néo bolcheviks, il suffit de rester à l’écoute du peuple réel qui rejette toute cette chienlit. Mieux encore, il faut être l’Ami du Peuple. En ces temps incertains, c’est en tout cas la posture que je recommande quitte à consommer beaucoup d’idées toxiques : comme le dit le fermier chez qui j’achète mon calvados « A condition d’en boire régulièrement, ça ne fait pas de mal »

Gérard Pince

mardi 24 mars 2009

Prochain G20

Comme je l’avais indiqué dans mon blog précédent, je viens d’écrire au Président de la République pour lui soumettre deux propositions en vue du prochain sommet du G20 à Londres.

En premier lieu, il convient de concrétiser la politique annoncée à l’égard des paradis fiscaux. Le G20 ne doit pas se contenter d’établir une nouvelle liste noire de ces centres qui abritent l’argent provenant du terrorisme, de la fraude fiscale et du crime organisé. Il faut ordonner à toutes les banques de clôturer leurs opérations et de fermer leurs filiales dans ces centres sous quatre vingt dix jours. Si cette décision était prise, ces fonds illégaux ne pourraient plus sortir de leurs îles exotiques et cesseraient ainsi d’alimenter la spéculation ou le blanchiment. Près de 10.000 milliards de dollars seraient ainsi gelés ce qui permettrait de réduire d’autant les risques d’inflation future résultant des injections de liquidités actuelles.

En second lieu, il convient de fixer un délai de trente jours aux banques pour fournir un état détaillé de leurs risques et notamment de leur exposition aux produits dérivés (y compris au niveau du hors bilan). Le G20 devra aussi instituer une chambre de compensation centrale pour ces produits dérivés, adopter le principe d’un collège de superviseurs couvrant tous les acteurs financiers (en s’inspirant des propositions de M. de Larosière), rétablir la distinction entre banques de dépôts et d’investissements et enfin interdire la vente à découvert des actifs que les gouvernements s’efforcent par ailleurs de soutenir. Ces mesures complémentaires sont indispensables pour rétablir la confiance dans le système financier.

Au vu des actions déjà entreprises par ailleurs (garantie des déposants, sortie des actifs toxiques, plans de relance), ces deux décisions paraissent suffisantes dans l’immédiat. Si l’obstruction américaine ne permettait pas leur adoption, il conviendrait alors de les appliquer unilatéralement aux échelons français et européen.

En vérité, je n’attends pas grand-chose du prochain G20. La politique américaine me parait de plus en plus illisible même si elle semble satisfaire, au moins pour le moment, des marchés financiers versatiles. La politique de la banque centrale consistant à refinancer les déficits par le biais d’achat des bons du trésor ne peut que déboucher à moyen terme sur une hyperinflation mondiale. Par ailleurs, le nouveau plan concernant les actifs toxiques des banques échappe à mon humble compréhension. Nul ne sait comment valoriser ces actifs. Si le prix fixé est trop élevé, les investisseurs privés se garderont bien de les racheter. Si le prix est trop bas, les banques enregistreront de lourdes pertes qu’il faudra compenser par de nouvelles recapitalisations etc.

La France et l’Allemagne ont raison de se tenir à l’écart de toute cette débauche financière. Certes, les politiques européennes ne comportent pas les mesures nécessaires pour sortir d’une crise qui ne peut aller qu’en s’aggravant mais on peut s’en consoler en estimant qu’il vaut mieux ne rien faire plutôt que mal faire (1). Dans l’immédiat, les dirigeants européens doivent surtout désamorcer la colère populaire afin d’éviter une explosion sociale. En pénalisant les paradis fiscaux, ils présentent à l’opinion un bouc émissaire qui a bien mérité d’être sacrifié. Avec une pointe de cynisme, on peut dire que ce sera sans doute le seul résultat tangible du prochain G20.

Gérard Pince

1-Se reporter sur ce sujet à www.freeworldacademy.com/globalleader/depression.htm et www.freeworldacademy.com/bref.htm.

mardi 10 mars 2009

How the economy was Lost

Paul Craig Roberts, qui fut sous secrétaire au Trésor du Président Reagan a bien voulu nous confier son article intitulé “How the Economy was Lost”. Vous pouvez le consulter en cliquant sur: www.freeworldacademy.com/globalleader/losteconomy.htm

Paul Craig Roberts souligne que les délocalisations et l’immigration ont entraîné la stagnation des salaires et l’endettement insupportable des ménages américains. L’auteur confirme donc notre analyse des causes de la crise : www.freeworldacademy.com/globalleader/financialcrisis.htm

Il estime aussi que le gouvernement devrait déclarer caduques tous les contrats CDS. Cette mesure permettrait d’éliminer la majeure partie des actifs toxiques. Il propose enfin d’interdire la vente à découvert des actifs que le gouvernement s’efforce par ailleurs de soutenir. Ces propositions complètent donc celles que nous avons déjà préconisées : www.freeworldacademy.com/globalleader/depression.htm et www.freeworldacademy.com/bref.htm.

Je prépare un petit mémo pour Nicolas Sarkozy en vue du prochain sommet du G20 à Londres. Je sais que le Président écoute nos avis. Chut! Il ne faut pas le dire!

Gérard Pince

mercredi 4 mars 2009

Au rendez vous.

Le 4 juillet 2008, j’avais prédit un CAC40 à 3.500. Il a été atteint en octobre. J’ai alors annoncé (le jeudi 23 octobre 2008) que le seuil des 2500 serait touché début 2009. Nous y sommes. Cette précision doit beaucoup aux comptes et aux statistiques émanant du Fonds Monétaire International ou de la Banque Mondiale. Ces organismes regroupent des professionnels de la macro économie et non des universitaires dogmatiques qui passent le plus clair de leur temps à ruminer des vieux grimoires du 19 ème siècle.

Je ne ferai pas de nouvelles prévisions. En effet, lorsqu’un avion s’écrase, les indicateurs de son tableau de bord ne sont plus fiables. Il faut donc naviguer à vue. A cet égard, la position pragmatique de Nicolas Sarkozy lors du dernier sommet européen, me parait pertinente. J’approuve notamment sa volonté de lessiver les hedge funds et les paradis fiscaux. De même, les propos de François Fillon sonnent juste et inspirent confiance. Ils contrastent heureusement avec la pensée magique d’Obama qui ose prévoir une croissance de 3% du PIB américain en 2010!

Le gouvernement français reprend petit à petit certaines de nos propositions (1) mais il lui reste à gravir un Himalaya, notamment en matière de sécurité sociale et d’immigration. Nicolas Sarkozy devrait donc se séparer des ministres à contre emploi (2) et faire entrer au gouvernement de grands professionnels de la finance comme Jean Arthuis, Michel Camdessus et Jacques de Larosière (3).

Les derniers sondages montrent que la majorité des français se méfie des plans de relance. En ces temps difficiles, nos compatriotes veulent surtout faire confiance à des hommes sages et compétents. Il appartient au pouvoir d’en tirer la leçon.

Gérard Pince

1- Ce qui témoigne de l’influence grandissante de nos analyses dans les cercles ministériels qui apprécient nos études consacrées à la faillite complète et définitive de la globalisation actuelle ainsi qu’aux moyens de la surmonter:: www.freeworldacademy.com/globalleader/financialcrisis.htm www.freeworldacademy.com/globalleader/financialorder.htm www.freeworldacademy.com/globalleader/depression.htm www.freeworldacademy.com/bref.htmwww.freeworldacademy.com/criseauquotidien.htm
2- Je pense notamment à Christine Lagarde: ancienne présidente d’un grand cabinet d’affaires, elle n’est pas la bonne personne pour lutter contre les paradis fiscaux. Nathalie Kosciusko Morizet a fragilisé la filière automobile à un moment critique, au nom de vaines considérations écologiques. Enfin, Roselyne Bachelot déstabilise la filière viticole.
3- Ancien Ministre des Finances et anciens Directeurs généraux du FMI.